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Spectre biologique du Populetum tremuloidis dans le sud-est du Canada

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Albert Courtemanche

Résumé du colloque

Au cours d'une étude phytosociologique faite en 1946 et en 1947 sur le Populetum tremuloidis dans le sud-est du Canada, 461 espèces, sans compter les variétés et les formes, ont été observées dans les bois de trembles situés en deçà du 50e parallèle depuis le centre du Manitoba jusqu'à l'Atlantique. Ces entités taxonomiques, classées d'après leur forme biologique selon le système de Raunkiaer, se sont réparties de la façon suivante pour l'ensemble de l'aire étudiée et pour chacune des régions forestières de Halliday (1937): P Ch H G Th Nombre d'espèces Nombre de relevés Ensemble de l'aire étudiée.......118 24 249 61 9 461 200 Région de la forêt boréale.......71 11 114 28 4 228 60 Région de la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent....108 23 224 56 7 418 109 Région de la forêt acadienne.....66 18 132 26 1 243 31 Dans la délimitation des différentes classes de formes biologiques, nous avons suivi rigoureusement les limites établies par Raunkiaer (1934), soit: bourgeons hibernants à plus de 30 cm au-dessus de la surface du sol pour les Phanérophytes (P); bourgeons hibernants à moins de 30 cm au-dessus de la surface du sol pour les Chaméphytes (Ch); bourgeons hibernants au niveau même de la surface du sol pour les Hémicryptophytes (H); bourgeons hibernants au-dessous de la surface du sol pour les Géophytes (G); hibernation sous forme de graines pour les Thérophytes (Th). La détermination de la forme biologique du plus grand nombre des espèces a été faite d'après des observations sur le terrain. Pour les espèces moins familières, nous avons eu recours aux travaux de Ennis (1928) et de McDonald (1937). Le tableau suivant donne, exprimé en pourcentage, le spectre biologique du Populetum tremuloidis pour l'ensemble de l'aire étudiée et pour chacune des régions forestières de Halliday, ainsi que le spectre normal établi par Raunkiaer et quelques autres spectres d'associations : Populetum tremuloidis : P Ch H G Th Nombre d'espèces Ensemble de l'aire étudiée............ 25.6 5.2 54.0 13.2 2.0 461 Région de la forêt boréale............ 31.2 4.8 50.0 12.3 1.8 228 Région de la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent........... 25.8 5.5 53.5 13.5 1.7 418 Région de la forêt acadienne.......... 27.2 7.4 54.4 10.7 0.4 243 Spectre normal Raunkiaer, 1934........ 46.0 9.0 26.0 6.0 13.0 1,000 Aceretum saccharophori, Québec. Dansereau, 1943........................... 17.0 10.0 56.0 15.0 2.0 346 Aspen association (Pop. trem et Pop. grand.), Michigan. Gates, 1930........ 22.9 3.9 47.1 16.1 10.3 310 Poplar association (Pop. trem. et Pop. balsam.), Alberta. Moss, 1932....... 25.8 1.8 48.2 17.1 7.0 170 Comparé au spectre normal, le spectre biologique du Populetum tremuloidis manifeste une forte augmentation (plus du double) du nombre relatif des Hémicryptophytes et des Géophytes et surtout des Thérophytes, ce qui est conforme au comportement latitudinal de l'ensemble de la végétation et la caractéristique d'un phytoclimat tempéré humide. Contrairement à ce qu'on aurait pu prévoir, le spectre biologique du Populetum tremuloidis de la forêt boréale accuse un pourcentage de Phanérophytes notablement plus élevé que celui des deux autres régions forestières de Halliday, au climat plus clément parce que plus méridionales et plus immédiatement soumises à l'influence des Grands Lacs et de l'Atlantique. Ceci est apparemment dû au fait que la végétation naturelle de ces deux dernières régions a été plus fortement perturbée par l'intervention de l'homme: déboisement, défrichement, culture, pâturage, etc., favorisant ainsi l'expansion des plantes herbacées, naturelles ou adventices. En ce qui concerne les Hémicryptophytes, les Géophytes et les Thérophytes, le spectre biologique du Populetum tremuloidis est très voisin de celui de l'érablière laurentienne (Dansereau, 1943). La différence entre les Phanérophytes et les Chaméphytes est plus apparente que réelle car, dans la détermination du spectre biologique de l'érablière, l'auteur ne s'en est pas tenu rigoureusement aux limites de Raunkiaer et a versé dans les Chaméphytes nombre d'espèces habituellement classées parmi les Nanophanérophytes. Si l'on fait, pour l'un et l'autre spectre, la somme des Phanérophytes et des Chaméphytes, on obtient respectivement 30.8% et 27.0%, ce qui est sensiblement du même ordre de grandeur. L'accroissement, par rapport au Populetum tremuloidis du sud-est du Canada, du nombre relatif des Géophytes et des Thérophytes dans les associations mixtes de tremble et de peuplier à grandes dents (Michigan), de tremble et de peuplier baumier (Alberta), est l'indice d'un climat plus sec et plus continental, ce qui par ailleurs concorde parfaitement avec la position géographique de ces associations en bordure de la prairie. 1 Cette étude a été subventionnée par le Conseil National des Recherches, Ottawa. Le travail sur le terrain a été fait avec l'assistance du R. Fr. Lucien Lévesque, c.s.c., et l'aide de M. Pierre Émond.

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Section :
Écologie
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