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Structure spatiale d'une population d'arbustes dioïques, Salix planifolia, le long d'un gradient successionnel en milieu dunaire subarctique

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Isabelle Gamache

Résumé du colloque

Le patron d'allocation des ressources aux fonctions de défense, de croissance et de reproduction diffère souvent entre les mâles et les femelles chez les plantes dioïques. En effet, l'investissement reproductif des mâles se limite à la floraison, alors que les femelles doivent en plus assumer les coûts de la production des fruits et des graines. Les femelles peuvent donc être désavantagées au niveau de leur croissance et de leur survie par rapport aux mâles de la même espèce, ceci se reflétant au niveau de la population par un biais du rapport des sexes et même par une ségrégation spatiale des sexes: les femelles seraient ainsi confinées aux sites les plus favorables, les mâles pouvant tolérer une gamme plus large de conditions environnementales. Afin de mettre en évidence une possible ségrégation spatiale des sexes chez Salix planifolia, divers paramètres démographiques ont été mis en relation avec des variables environnementales, le long d'un gradient spatial représentant un gradient successionnel sur une dune de la côte est de la Baie d'Hudson. Le rapport des sexes de la population fut déterminé. Les structures d'âge et de taille, la croissance radiale annuelle et les caractéristiques physico-chimiques du sol sous la couronne de saules mâles ou femelles ont été comparées, et la position (x, y) de tous les individus établie pour évaluer la distribution spatiale de chaque sexe. Contrairement à nos prédictions, le rapport des sexes était biaisé en faveur des femelles, particulièrement chez les arbustes les plus âgés. La structure d'âge et de taille, de même que les variables physico-chimiques du sol sous les arbustes ne différaient pas en fonction du sexe. De plus, les femelles de 10 à 19 ans avaient une croissance radiale annuelle plus élevée que les mâles, mais cette tendance s'inversait chez les arbustes les plus âgés (40 ans et plus). Les analyses d'autocorrélation spatiale suggèrent un gradient spatial continu, correspondant au gradient successionnel identifié. Il n'y a pas évidence de ségrégation spatiale des sexes chez Salix planifolia. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à amoindrir le coût reproductif supplémentaire assumé par les femelles, tels l'activité photosynthétique des fruits, un taux de photosynthèse plus élevé chez les femelles (relations source-puits), ou une préférence des herbivores pour les saules mâles.

Contexte

manager icon Responsables :
Estelle Lacoursière
host icon Hôte : Université de Trois-Rivières

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