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Résumé du colloque
La structure de la végétation se définit par la disposition dans l'espace des individus qui la composent et la relation des strates entre elles. Elle ne tient pas nécessairement compte de la composition botanique. Les formations de même structure ont donc une même physionomie quoiqu'elles puissent différer complètement par leur composition et par leur rôle écologique. Aux principaux types structuraux on a donné des noms d'application universelle. Ceux que l'on rencontre le plus fréquemment dans les tourbières sont: la pelouse, la prairie, la mégaphorbïée, le buisson, la savane et la forêt.
La pelouse est une formation basse (moins de 30 cm), continue et dominée par des plantes graminoïdes. La prairie est une formation haute (plus de 30 cm), généralement continue, dominée par des plantes graminoïdes. La mégaphorbïée est une formation haute, très dense, composée à peu près exclusivement de plantes herbacées à feuilles larges (angl. «forbs»). Le buisson est caractérisé par la dominance de plantes ligneuses à port plus ou moins diffus. La savane (une extension du sens ordinaire de ce mot) consiste en une synusie herbacée ou buissonneuse plus ou moins continue où s'intercalent de hauts buissons ou de petits arbres isolés ou groupés par petites colonies. La forêt est un rassemblement d'arbres où généralement les individus se touchent les uns les autres.
Les associations végétales qui se forment en divers endroits du globe sur un substratum tourbeux (v.g. sur les sphaignes) diffèrent énormément par leur composition floristique. D'autre part, toutes les structures mentionnées plus haut n'apparaissent pas partout et ne jouent pas partout le même rôle dans l'évolution de la tourbière.
Considérons les principales associations de régions très différentes au point de vue climatique: les hautes altitudes du sud-est brésilien, la plaine côtière du New Jersey, les basses terres du Saint-Laurent, les Laurentides et les étages subalpin et alpin de la Gaspésie.
Dans le massif de la Mantiqueira, au Brésil, des pelouses humides à Xyris se transforment en prairies à Cortaderia modesta et Cladium ensifolium. Des buissons de Baccharis et un bambou nain (Chusquea pinifolia) s'y introduisent, atteignant éventuellement une taille de six à dix pieds. Arrivent alors des Solanum, Rapanea, Weinmannia qui formeront la forêt rabougrie (angl. « alfin forest »).
Sur la plaine côtière du New Jersey, le début est quelquefois marqué par une pelouse à Heleocharis ou à Carex exilis (avec un faciès à Narthecium americanum), mais le plus souvent les buissons éricacés apparaissent très tôt : Gaylussaccia frondosa, Azalea, Vaccinium, Kalmia augustifolia et Chamadaphne calyculata. Bientôt le Chamaecyparis thyoides et même le Pinus rigida forment des îlots qui créent une apparence de « savane ». Le Picea rubens et l'Acer rubrum éventuellement se mêlent au Chamaecyparis devenu plus dense et la forêt abrite des éléments beaucoup plus mésiques (Nyssa sylvatica, Tsuga canadensis, Pinus strobus). Beaucoup d'éléments tourbeicoles demeurent dans la strate arbustive : Alnus rugosa, Nemopanthus mucronata, Vaccinium corymbosum, Ilex verticillata. Mais les éléments mésiques tendent à prendre le dessus : Rhododendron maximum, Hamamelis virginiana.
Les basses terres du Saint-Laurent abritent de vastes tourbières, souvent superficielles. Les pelouses à Carex exilis ou à Eriophorum spissum sont moins fréquentes que les buissons à Chamaédaphne calyculata. Cette formation est particulièrement développée à la suite des incendies et de l'exploitation pour la tourbe. Il se forme bientôt une savane dominée par le Picea mariana distribué par petits bosquets très inégaux et par trois Ericacées (Kalmia augustifolia, Ledum groenlandicum et Chamaedaphne cacyculata) qui forment une strate continue. Celles-ci sont presque complètement éliminées dans la forêt qui suit, laquelle comporte au début une strate de Nemopanthus mucronata et de Vaccinium corymbosum, et, à la fin, seulement des mousses, surtout le Calliergonella schreberi et l'Hypnum cristacestrensis.
A haute altitude, particulièrement en Gaspésie, les éléments graminoïdes sont plus en évidence. Les prairies à Eriophorum sont fréquentes. Là aussi elles le cèdent éventuellement au Chamedaphnetum calyculatae. Toutefois, on rencontre des "savanes" à Picea mariana et Calamagrostis canadensis ou à Larix laricina et Carex disperma (cette dernière existe dans la plaine aussi). La phase à Ledum groenlandicum devient beaucoup plus fréquente. A l’étage alpin, le Ledum se mêle au Vaccinium uliginosum var. alpinum. Il semble que le Carex bigelowii domine une pelouse plus mésique, qui est probablement le climax.
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