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Sur l'équivalence des unités structurales de la prisière et de la clisière

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Pierre Dansereau

Résumé du colloque

Les équivalences dans les zonations latitudinales et altitudinales de la végétation ont été maintes fois signalées. Ainsi, dans la vallée du Saint-Laurent, sur une ligne allant de Montréal à la baie d'Hudson, on rencontre quatre climax : a) la forêt décidue (Aceretum saccharophorii) ; b) la forêt canadienne (Piceetum marianae) ; c) la taiga (Piceetum hudsonianum) ; d) la toundra (Vaccinietum alpimi, ou Caricetum bigelovii ?). Ces mêmes associations, à peu de chose près, se retrouvent en Gaspésie, par exemple, de Mont-Saint-Pierre, au niveau de la mer, en montant vers le sommet du mont Jacques-Cartier (voir diagramme dans P. Dansereau, Os planos da biogeografia, Revista Brasileira de Geografia, 8 (2) : 189-211. 1946). L'équivalence de la clisière altitudinale et de la clisière latitudinale réside dans l'apparition dans un même ordre relatif, dans une même séquence, de la même association, donc d'une unité synécologique ayant même status dynamique, même structure et même composition. En fait, il peut se produire de légers décalages soit de la composition, soit de la structure, soit du status dynamique. De sorte que, par exemple, le climax Piceetum marianae sera représenté en altitude, à certains endroits, par un sous-climax ou quasiclimax tel que l'Abietum balsameae. Cette évolution parallèle semble due à des causes identiques, à l'allure semblable de l'augmentation ou de la diminution des facteurs climatiques dominants. Ainsi, de la toundra à la forêt décidue (de la baie d'Hudson à Montréal, ou du mont Jacques-Cartier à la mer), les températures augmentent. On sait que des conditions de grande chaleur et de forte précipitation sont favorables au développement et à la persistance du type de forêt le plus complexe (rain-forest) ; qu'une réduction des précipitations à l'extrême entraîne la formation de déserts ; que les conditions intermédiaires favorisent des formations herbacées (steppe, prairie) ou semi-ligneuses (savane, parc). Or, dans une région forestière, là où les températures et les précipitations sont suffisantes, la prière qui aboutit au climax forestier comporte des stades de succession dont la structure rappelle : a) le désert ; b) la prairie ; c) la savane ; d) la forêt. Ainsi, dans la région de Montréal, une dune ou une plaine de sable sera colonisée d'abord par quelques Oenothera, Danthonia, Solidago graminifolia très éparpillés (désert) ; les stades suivants seront dominés par des Graminées plus hautes (Phleum, Festuca, Poa) et par des Composées (Solidago canadensis, Aster cordifolius, A. lateriflorus) en formation fermée (prairie) ; plus tard, l'envahissement par des buissons (Spirea tomentosa) sera suivie de l'invasion de petits arbres (surtout Crateagus spp. et Betula populifolia) éparpillés et dominant la synusie herbacée (savane ; voir Fr. Marie-Victorin, Contrib. Inst. Bot. Univ. Montréal, 30, fig. 7 et 9. 1938) ; enfin, plusieurs types forestiers de plus en plus mésiques se succéderont (Populetum, Betuletum, Pinetum, Aceretum rubri) avant la stabilisation finale (Aceretum saccharophori) ou climax (forêt).

Contexte

Section :
Écologie
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Écologie
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