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Taire les maux ou réduire au silence la souffrance

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Katharine Larose-Hébert

Résumé de la communication

La souffrance se situe au cœur même de notre humanité, elle s’échappe et s’articule à travers nos paroles, s’arrime aux pouls de nos plaintes et délires. Phénomène social et culturel, elle est un objet de l’histoire, absolument ancrée dans son contexte. Or, quel est l’espace accordé à cette dimension réflexive et profondément subjective, à cet au-delà du crie perçant de la douleur, dans l’ère actuelle de la médicalisation de la société ? En tant qu’entité morale, ne doit-elle pas échapper à l’emprise des sciences positives? Portant, bien qu’elle défie par son essence-même les mécanismes du pouvoir, sa résistance n’est pas sans adversaires. Dans l’espoir de mieux la cerner et de l’isoler, elle est étudiée sans trêve : objectiver, opérationnaliser, médicamenter, enrayer, guérir et disparaître. Sous le couvert de la Charte des droits de l’homme, qui promulgue les droits universels au bonheur et à la santé, le « pouvoir sur la vie » tel qu’explicité par Michel Foucault (1976), repousse aux confins du silence les mots de la souffrance, jusqu’à décréter « dangereuse » l’idée même de la mort. L’utopie de la fontaine de jouvence devient-elle alors fait réel ou déraison collective ? Il faudra un jour se rendre à l’évidence que la mort n’est qu’un instant de l’existence, son tout dernier. Fixés à la temporalité du corps, mort et souffrance sont sans issu, et malgré ce que certains puissent croire, même les taire ne pourra déjouer le sort.

Résumé du colloque

Nous ne souhaitons souligner particulièrement aucun événement ou activité, mais les conférences prononcées constitueront l'amorce d'un ouvrage collectif.

Contexte

manager icon Responsables :
Louise Blais
host icon Hôte : Université de Sherbrooke, Université Bishop’s

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