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Adeline Mushikiwabo

Résumé de la communication

J'aimerais ici partager mon image de la victime que je suis, en tant qu’amputée et orpheline du génocide des Tutsi du Rwanda. En effet, mon expérience du génocide commence à l’âge de 4 ans, lorsque mon père fut tué, ma maison familiale détruite et les biens familiaux pillés. Forcés à un exil intérieur, nous avons alors quitté notre Ruhengeri natal pour trouver refuge dans la capitale Kigali. Je me faisais à ce moment là l’image non d’une victime, mais d’une coupable. Je me sentais coupable d’être née tutsi. En avril 1994, j’avais 7 ans. Ce fut le summum de mon calvaire: un genocide. Ma mère fut tuée et j’y perdis mon bras droit. Orpheline de père et de mère et amputée, je dus affronter, parfois toute seule, les méandres de la vie et toutes les frustrations imaginables. Je me faisais alors l’image d’une condamnée. Je portais les marques indélébiles du génocide. Je me sentais regardée par derrière; je croyais être la risée de tout le monde. J’avais honte de mon image d’amputée. Je m’en voulais d’avoir survécue, de m’être accrochée à la vie. Et j’avais peur du fait d’être un témoin génant. Mais au fur des jours, j’ai donné un sens positif à ma survie: perpétuer la mémoire et contrer le négationnsime par mon témoignage. Et, sur une note plus personnelle, je me suis résolue à réussir dans la vie malgré l’adversité et à apprivoiser mon nouveau visage d’amputée, de survivante et d’orpheline du génocide.

Résumé du colloque

Nous espérons compter sur la présence de deux conférenciers de marque: Hélène Piralian, psychanalyste et spécialiste sur la question de la transmission transgénérationnelle du traumatisme post-génocide et des séquelles découlant de la négation du crime génocidaire sur les survivants et leurs descendants; Ndoba Gasana, professeur de littérature africaine et premier président de la Commission des droits de la personne au Rwanda, consultant sur les droits de la personne pour l'ONU.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

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