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Résumé du colloque
Comment oser parler de symbolisme du corps humain après avoir tant reçu ? Après avoir reçu le 8 mai 1990, plus que la santé que j'avais perdue, la vie léguée par une jeune fille que, même si j'en ignore le nom, vous me permettrez d'abord de saluer parce que, telle une héroïne, elle fit don de ses organes pour que la vie, la santé soient transmises en héritage. C'est son cœur qui bat dans ma poitrine. Et c'est parce qu'il interpelle sans répit que j'ai consenti à venir débattre devant vous aujourd'hui d'une hypothèse qui me tourmente depuis longtemps. S'il est vrai - telle est l'hypothèse - que depuis le 3 décembre 1967 - date où pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, on transplanta le cœur d'un homme mort dans le corps d'un mourant - s'il est vrai que depuis cette date, jamais la vie, jamais la mort, ne seront plus des événements tout à fait naturels, c'est comme transfigurés par eux que les personnes greffées se tournent vers la vie. Pour y puiser par le biais d'une myriade de symboles tout ce qu'elle courtise pour s'épanouir à même leurs nouveaux organes tant attendus et qui les font resplendir plus que comme des morts en sursis parce qu'ils ont appris que de la mort naît la vie. Comment surprendre les tours et détours qui scandent l'attachement progressif d'un greffé, d'une greffée aux manifestations polymorphes de l'âme (don de vie, vie de l'âme), de l'âme passée au creuset de la souffrance comme au travers d'une course adorante et fidèle?
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