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Temps et réversibilité

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Yvan Morin

Résumé du colloque

Le temps a souvent été assimilé à une quatrième dimension jointe aux trois dimensions composant l'étendue de l'espace occupé par un mobile, au sens d'un corps en mouvement. Il a alors pu sembler réversible, en étant conçu à la façon dont l'accélération (positive, nulle, négative) permet d'en indiquer le rapport au mouvement qui, comme vélocité, est lui-même assimilé au parcours, en tout instant, d'une trajectoire. Cette si objectivable réversibilité mathématique du temps a été remise en question, depuis l'avènement de la thermodynamique. Cependant, il s'agit plutôt, ici, de considérer que le principal obstacle à la conquête de l'irréversibilité du temps réside dans le si subjectivant usage du mot "temps". Ainsi, dans l'exemple du chant, Augustin prétend parler du temps (supposé s'orienter du passé vers le futur), alors qu'il met plutôt en œuvre un temps inversé, en passant de l'attente au souvenir, par l'attention, pour passer du futur (le chant que l'on a à l'esprit) au passé (ce qui est déjà chanté), par le présent (le chant lui-même). Après avoir mis en évidence que cette inversion présuppose l'anéantissement du temps au profit de l'éternité qui se l'assujettit et que dire (le temps) équivaut alors à se contredire (faute d'assumer que l'on va plutôt à l'encontre du temps), il s'agira de reprendre la question du temps dans le contexte moderne. L'accent sera mis sur la production culturelle de l'instant, comme ce à quoi la pensée s'oppose pour accéder à l'éternité, certes, en particulier à travers la conquête astronomique de la seconde, mais par la durée, voire l'évanescence, l'actualité et l'avènement de tout ce qui présente à la conscience en la vie. Car café instantané, funérailles accélérées, exigences de résultats immédiats, horloge atomique sont tous des produits culturels... issus de la quête d'un temps réel.

Contexte

manager icon Responsables :
Stéphane Courtois
host icon Hôte : Université Laval

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