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Tendances actuelles de l'ecdotique : réflexions sur l'art d'éditer les anciens textes français

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Yvan G. Lepage

Résumé du colloque

Introduit en France à partir de 1866, le lachmannisme, fondé sur la notion de «fautes communes» et sur le principe du «deux contre un», fut ébranlé quand Bédier démontra la prépondérance apparemment injustifiable de stemmata codicum à deux branches. Il ne restait plus dès lors qu'à choisir le meilleur des témoins d'une tradition manuscrite donnée et à le reproduire avec le minimum de retouches. Mais «le réquisitoire de Bédier contre Lachmann n'a pas convaincu tous les éditeurs» (Régnier 1966). Une voie moyenne devait bien exister entre ces deux extrêmes. On a de fait proposé depuis plusieurs solutions de compromis, plus ou moins ingénieuses, pour dépasser l'opposition entre interventionnisme et conservatisme en matière d'ecdotique (Cerquiglini 1989). Quelle que soit la méthode que l'on privilégie de nos jours, il est deux règles que nous proposons d'observer: 1) une fois que les manuscrits ont été nettement regroupés par familles, grâce à l'analyse combinatoire des lieux variants, on ne corrige son texte de base qu'avec la plus grande précaution, en évitant de le contaminer par des emprunts à des versions qui risquent de lui être étrangères; 2) à défaut de produire une édition synoptique ou, mieux encore, panoptique, on s'efforce d'assurer une lisibilité maximale de l'apparat critique, en évitant d'émietter les variantes et de les imprimer (comme cela est fréquent) en un bloc compact, comme s'il s'agissait de scories. L'un des moyens d'y parvenir, du moins en ce qui a trait à l'édition de pièces brèves (chansons de trouvères ou de troubadours, par exemple), consiste à étager les variantes et à les imprimer à la verticale, en regard du texte, avec lequel elles peuvent ainsi dialoguer. Cette disposition a pour mérite de redonner aux variantes leur dignité de leçons parallèles, tout en permettant au lecteur de lire simultanément et aisément les diverses versions d'une même chanson. Comme tout système, en effet, l'oeuvre médiévale est une unité complexe, formée de l'ensemble de ses versions ou états manuscrits successifs. L'apparat critique doit donc permettre au lecteur de visualiser le texte dans sa «mouvance» même.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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