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Traces et tracés. Le jeu des représentations en psychanalyse

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Ellen Corin

Résumé du colloque

La psychanalyse s'inscrit dans le mouvement de la déconstruction et de la mise en suspicion de la fonction référentielle du langage, dans la prise de conscience du décalage incontournable entre le signe et son référent. Développant cette idée dans le champ d'application qui lui est propre, la psychanalyse révèle que le rapport de la conscience à la vie psychique est essentiellement décalé, inadéquat, construit sur le leurre. C'est donc à la possibilité même d'un récit de soi que s'attaque la psychanalyse, ou à la figurabilité du soi pour le soi. Prenant le contre-pied d'approches interprétatives ou herméneutiques, des psychanalystes contemporains ont montré comment le dispositif analytique induit un certain maniement de la parole, un travail de déconstruction des liens qui vient radicaliser le décalage évoqué plus haut et amène à repenser les notions même de figurabilité et de figuration. La présentation partira de certains faits cliniques, tels l'équivalent de "trous noirs" dont l'effet organisateur ne se révèle qu'en creux et la survenue dans la séance d'images paraissant "lestées" davantage que liées. On cherchera à en poursuivre certaines implications à un double niveau: celui de la notion de représentation, en dialogue notamment avec les travaux de Derrida sur les idées de trace et d'archive et les réflexions d'Imbeault sur l'impression et les "deux jets de la mémoire"; et le niveau d'un travail clinique mobilisant différents régimes langagiers, tels ceux qu'explorent des auteurs comme Gantheret ou de M'Uzan dans les registres de la poésie, de l'art et du théâtre. On s'interrogera entre autres sur la place de la texture sémiotique des mots, des images et des sensations dans le processus interprétatif et sur les implications quant aux notions de figurable et d'infigurable. En arrière plan de ces réflexions s'appuyant sur la clinique, on explorera aussi la contribution de certaines figures de l'Inconnu qu'ont développées des psychanalystes contemporains tels Rosolato et Fédida, des auteurs de la post-modernité comme Lyotard, ainsi que celles que laissent entrevoir certains textes mystiques lus essentiellement à travers de Certeau. Une brève incursion dans la pensée indienne indiquera comment notre rapport à l'infigurable est étroitement lié à une certaine économie culturelle des représentations.

Contexte

host icon Hôte : Université d’Ottawa

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