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Traduire le "parler noir" : l’exemple de Zora Neale Hurston

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Françoise Brodsky

Résumé du colloque

La romancière et anthropologue Zora Neale Hurston offre un véritable défi au traducteur. Capturant avec le même bonheur le rythme traînant des dialectes du Sud et le feu d'artifice verbal des marlous new-yorkais, l'accent des fermiers du Delta ou des ouvriers itinérants, elle restitue une langue et une culture forgées par une vision tantôt folklorique tantôt biblique du monde qui permettait aux Noirs d'affirmer de manière codée leur résistance à l'oppression blanche. Ses œuvres sont narrées dans un anglais classique, seuls les dialogues sont transcrits phonétiquement. Du point de vue du traducteur, l'auteur utilise non pas un anglais dialectal mais deux langues différentes qu'elle place sur pied d'égalité : le texte imagé mais classique de la narration, et le "parler noir" des dialogues qui situe chaque protagoniste en fonction de ses appartenances sociales et régionales. Pour pouvoir rendre cette langue traînaillante qui invente sa propre grammaire, joue des redondances et des métaphores, mêle argot et termes savants, survivances des langues africaines et anglais élizabéthain, le traducteur doit "inventer" une langue qui permette de rendre visuellement le rythme, les accents et les inventions verbales du Black English.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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