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Résumé du colloque
Un type insolite de buttes organiques, qui ne semble pas avoir encore été signalé, a été observé sur le rebord du Bouclier laurentidien au N de Havre-Saint-Pierre, Côte Nord du Saint-Laurent (Québec). On les rencontre sur des versants rocheux à pente douce (5° à 10°) la peu près dépourvus de dépôts meubles. Le secteur, qui est largement déboisé suite à un vaste feu de forêt survenu en 1941, se trouve à proximité de la limite de la subarctique, à 5 km de Coldwell (130-135 m d'altitude). Les buttes occupent souvent la partie inférieure des versants ou des zones rocheuses en bordure de lacs de dimensions variées mais généralement petites. De forme circulaire (ronde à ovale), elles ressemblent à des dômes émergeant au-dessus de la surface environnante. Elles ont, en moyenne, de 80 à 125 cm de hauteur et un diamètre (à mi-hauteur) de 75 à 85 cm; les plus petites atteignent 40-50 cm de hauteur et les plus grosses jusqu'à 2 m. Elles sont souvent espacées les unes des autres de plusieurs mètres, mais parfois elles forment des essaims de plusieurs dizaines et sont alors rapprochées. Elles sont entièrement composées de débris organiques, soit à 80-85% de débris de Kalmiâ comprenant feuilles, fleurs, tiges, racines et branches et à 20-25% de débris lichens (Cladonia sp.), et de sphaignes. Au centre des buttes, le matériel est disposé en couches horizontales, mais sur les flancs, les couches s'inclinent vers les flancs. La compacité et le degré de décomposition de la matière organique augmentent vers la base. Fréquemment l'accumulation organique repose directement sur le roc cristallin et parfois sur une mince couche (quelques cm d'épaisseur) de matériel meuble (sable fin et limon) d'origine lacustre ou marine, mais en aucun cas le matériel minéral n'entre dans la composition des buttes. On a observé dans quelques coupes la présence, vers la base des buttes, d'un horizon calciné témoignant de traces de feu. Plusieurs buttes sont dégradées au sommet, vraisemblablement par les ours qui les confondent avec des fourmilières; mais on n'y a pas observé de fourmis. Parfois, les tiges de Kalmia au sommet des buttes, qui excèdent environ 100 cm de hauteur, sont mortes suite, apparemment, à un excès de drainage. Si les buttes résultent de l'accumulation sur place de la litière des Kalmia et de quelques autres plantes vivant en association avec ces dernières, on ignore les conditions ou les facteurs qui leur donnent naissance. Bien que la croissance continue du Kalmia favorise l'accumulation de la litière au pied des tiges, on comprend mal comment des buttes qui atteignent jusqu'à 2 m de hauteur arrivent à se former. Comme il n'existe pas de pergelisol dans le secteur, on s'explique difficilement les glaces annuelles dans les buttes organiques en été (mi-juillet) et la perte, dans ceux que ces zones dénudées, d'origine périglaciaire. Bien que tous les sites observés soient dans des zones déboisées, on peut imaginer qu'elles se sont initialement en forêt. Un échantillon de matière organique soumis pour datation au C-14 devrait permettre de déterminer l'âge approximatif des buttes organiques sur substrat rocheux au N de Havre-Saint-Pierre.
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