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Résumé du colloque
Grâce à Robert Guitte (1949), Roger Dragonetti (1960) et Paul Zumthor (1972) nous avons appris que la poésie médiévale se distingue fondamentalement de la poésie moderne par le fait qu'elle est "formelle": les chansons d'amour des poètes du moyen âge ne seraient pas l'expression de leurs sentiments, elles seraient au contraire la mise en œuvre toujours renouvelée d'un schéma poétique et elles exalteraient la féodalité bien plus que la fidélité. C'est d'ailleurs cela qui les rend intraduisible. Elles ne remplissent pas les attentes du lecteur moderne, parce qu'elles le privent notamment du plaisir indiscret de découvrir le poète derrière le poème. L'histoire de la littérature allemande connaît un auteur anonyme du 14e siècle appelé par les manuscrits "le moine de Salzbourg" à qui sont attribués 49 chants spirituels et 57 chansons profanes. Il est vraisemblable que ces poèmes n'appartiennent pas tous à un même auteur. Le poète autrichien C.W. Aigner, qui vit à Salzbourg, a traduit les poèmes profanes de son compatriote médiéval dans un langage résolument moderne. En étudiant cette traduction on peut montrer qu'en ressuscitant ainsi la poésie ancienne, le traducteur fait naître un auteur virtuel à la recherche de son incarnation. Ainsi, la traduction "biographisante" pose de façon nouvelle la vieille question du rapport entre le poème et le poète.
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