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Résumé du colloque
Au XIXe siècle, le réseau de bienfaisance québécois, qui relevait d'organismes privés et religieux, se distinguait de ce qui se faisait ailleurs. En effet, le soutien de l'État n'était alors qu'accessoire. Cette situation a contribué à scinder la société en deux mondes distincts : d'un côté, l'Église catholique servait les membres de sa communauté, et, de l'autre, la bourgeoisie protestante appuyait les intérêts des siens. À partir d'une analyse du réseau caritatif de la communauté protestante montréalaise du XIXe siècle, nous mettrons en lumière l'importance primordiale de l'identité des personnes responsables de la distribution de l'aide, la pierre d'assise de leur idéologie ainsi que les moyens d'intervention qu'elles préconisaient. Cette démarche permettra également de faire comprendre les distinctions entre les réseaux catholiques et protestants. L'élite bourgeoise protestante, qui contrôlait la disponibilité de l'aide, considérait la pauvreté d'un bien mauvais oeil et privilégiait le soutien institutionnel. Elle accordait une aide qui variait selon le type d'indigents. Ainsi, le soutien prodigué aux enfants ou aux personnes âgées différait grandement de celui apporté aux chômeurs itinérants, qu'on jugeait avec désapprobation. En nous servant de la notion de régulation sociale plutôt que de celle, trop réductrice, de contrôle social, nous analyserons également la complexité des rapports entre le pouvoir des institutions et les personnes qui se tournent vers elles pour obtenir du soutien.
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