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Résumé du colloque
L’ordinateur et Internet annoncent l’avènement d’une nouvelle façon de lire où le texte et le langage ne sont plus considérés comme de simples supports plats et linéaires, mais bien comme des réseaux de signifiés aux interactions multiples et fragmentaires. Cent mille milliards de poèmes, publié en 1961 par Queneau, est un recueil de poésie « illisible » à l’échelle humaine et il semble avoir annoncé cette nouvelle ère : dix sonnets se superposent sur dix pages selon un système où chaque vers est placé sur un volet, permettant ainsi des lectures multiples, transversales, presque infinies. Comme il y a cent mille milliards combinaisons possibles, le recueil contient 1014 poèmes. Cette œuvre a donc imposé avant la lettre un principe de lecture basé sur la « navigation libre » de l’information autant que sur l’impossibilité, pour le lecteur, d’embrasser la totalité du texte. L’objectif de cette communication est de dégager certains enjeux de lecture depuis la création de l’Oulipo en 1960 à partir de l’analyse de quelques œuvres – dont celle, centrale, de Raymond Queneau – en lien avec l’avènement des nouvelles technologies. Lorsqu’on considère que le surréalisme et l’esthétique de l’absurde ont, par à-coups et ultérieurement, intégré et structuré l’imaginaire de la culture de masse, il est à se demander si on peut voir dans l’Oulipo un autre moment littéraire qui a transformé – et qui continue à le faire – l’ordre de la représentation et de l’interprétation.
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