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Une lecture empathique

JM

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Jacques Mauger

Résumé de la communication

Comment lire Janine Altounian sans se sentir immédiatement affecté par son récit. D’autant que son écriture médiatise un autre texte, celui de son père, en le traduisant avec les affects dont celui-ci avait été privé. Pour le lecteur, cette ré affectation du texte de l’héritage traumatique ajoute, tout au long des écrits d’Altounian, à la présentation d’affects manquants, empêchés. Quand elle décide, un jour, de recopier elle-même le texte de son père, elle se surprend à « reparcourir son douloureux cheminement en l’accompagnant patiemment de ma main, pas à pas, mots à mots…pendant ce travail de copiste, j’ai vécu tous mes jours en 1915-1918 en compagnie de ce garçon…dans ces déserts où soufflaient la terreur, le meurtre, l’imminence de mourir… » Elle dira plus loin« …c’était donc là le sens de ma démarche : écrire et publier pour ressentir les affects non éprouvés en leur temps. » Mais de quoi est faite l’émotion du lecteur qui, à son tour, ne peut manquer d’être atteint par la quête affective de celle qui repasse sur les traces des survivants ? Le recours à la notion habituelle d’empathie aurait vite fait de qualifier le mode de lecture approprié, Mais de quelle empathie s’agit-il ? De la voie simple d’une passive sensibilité à l’autre, d’un mode sentimental de compréhension, toute en compassion directe, sûr de sa proximité affective immédiate ?

Résumé du colloque

Notre colloque prendra place trois mois avant la publication aux Presses de l'Université Laval. d'un ouvrage consacré à l'oeuvre de Janine Altounian L'oeuvre de l'essayiste a fait l'objet de colloques en Europe. Cependant, les travaux de Janine Altounian sont toujours peu connus dans les Amériques. Nous entendons faire valoir la singularité de l'oeuvre de Janine Altounian dans le contexte de l'histoire québécoise qui met en scène, à sa façon, un impact traumatique, une dépossession.

Contexte

host icon Hôte : Université de Sherbrooke, Université Bishop’s

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