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Résumé du colloque
Il y a (et il y a eu pour un moment déjà) de violents débats entre les constructionnistes sociaux et les évolutionnistes concernant la conception correcte de la culture ainsi que de ce qui constitue la meilleure explication des phénomènes culturels. Comme l'écrivait récemment D. S. Wilson : « Ces débats deviennent habituellement si polarisés qu'ils révèlent le pire aspect du tribalisme dans notre espèce. Chaque côté regarde l'autre comme un ennemi dont la position n'a pas de substance ou de base rationnelle [...] La position mitoyenne devient un no man's land dans lequel personne n'ose s'aventurer » (manuscrit). C'est précisément cette position mitoyenne que nous aimerions explorer dans cette présentation. Notre but est de montrer que l'explication de la variation du comportement ou des croyances entre individus et groupes est une affaire complexe qui demande l'élaboration d'un programme de recherche coopératif, incluant des domaines comme la psychologie, la biologie, l'anthropologie, les théories culturelles, etc. De façon à ouvrir les vannes entre chaque approche, nous commencerons par nous opposer à deux formes d'isolationnisme. D'abord, nous critiquerons un point de vue défendu par plusieurs évolutionnistes selon lequel il y a quelque chose comme « une nature humaine nue » qui serait simplement habillée par la culture (Boyd et Richerson, manuscrit). Nous proposerons plutôt, avec Griffiths et Stolts (2001), que « la nature humaine doit inévitablement être le produit d'une matrice développementale qui inclut une grande quantité d'échafaudage culturel ». Nous nous en prendrons ensuite au point de vue, répandu dans certains milieux en sciences sociales, selon lequel ce qui importe est de donner le détail de la construction sociale d'un phénomène culturel, la dimension biologique du même phénomène pouvant être négligée sans dommage. Pour illustrer notre position, nous porterons notre attention sur les préférences alimentaires. Nous avons choisi de nous intéresser à celles-ci parce que, d'une part, il existe de nombreuses études en provenance de la biologie qui détaillent les mécanismes innés en charge d'informer nos préférences; mais aussi parce que d'autre part, il est clair que la culture ne peut être négligée quand vient le temps d'expliquer pourquoi un individu a les préférences qu'il a. Comme le disait Paul Rozin : « Il est juste de dire qu'en général, le déterminant majeur de ce que les individus humains mangent a affaire avec leur culture, et en particulier avec l'ensemble de règles et de pratiques que nous nommerons leur cuisine, qu'ils ont acquises en grandissant ». Si les formes traditionnelles des théories évolutionnistes (sociobiologie, psychologie évolutionniste, écologie béhaviorale humaine) ont essayé d'expliquer différents aspects des pratiques culinaires (la prohibition de certains types d'aliments, le goût pour le sucré ou le salé, etc.), il est facile de montrer qu'elles ne peuvent tout expliquer. Plusieurs phénomènes, comme la résistance (irrationnelle) des Français à inclure la patate dans leur menu de la fin du moyen âge au début du XIXe siècle (malgré les efforts d'un Parmentier par exemple), peuvent difficilement être expliqués par les théories évolutionnistes. Si ceci rend les théories culturalistes nécessaires, ces dernières ne sont pas pour autant immunisées contre les influences évolutionnistes. Nous aimerions montrer que plusieurs aspects des préférences alimentaires (par exemple, le fait que la viande figure de façon proéminente dans la liste des tabous alimentaires de presque chaque culture) ne peut être expliqué que si l'on utilise une théorie de la culture d'inspiration biologique comme l'épidémiologie des représentations (Sperber 1996) ou la théorie co-évolutionniste gène-culture (Boyd et Richerson, à paraître; Fessler 2001).
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