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Variations des teneurs en hormones stéroïdiennes de Mya arenaria exposée in situ à des sédiments contaminés aux décabromés

JP

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Jocelyne Pellerin

Résumé du colloque

Le décabromodiphényléther (DeBDE) est une substance chimique largement utilisée dans l’industrie afin de réduire les risques d’inflammabilité de plusieurs matériaux. Les deBDEs sont reconnus comme des substances toxiques, persistantes et bioaccumulables. Une augmentation des niveaux de DeBDEs a été observée dans les sédiments de l’estuaire du Saint-Laurent. Les DeBDEs montrent des effets toxiques sur le système thyroïdien, le système nerveux et ont un potentiel carcinogène et de perturbateurs endocriniens. Les objectifs de l’étude étaient de vérifier l’effet de DeBDEs sur les teneurs en progestérone, testostérone et 17ß-estradiol de Mya arenaria et d’évaluer les effets toxiques de DeBDEs sur la gamétogenèse et les réserves énergétiques de Mya arenaria. Les DeBDEs provoquent un délai de maturation des gamètes en novembre et décembre chez les femelles et en octobre chez les mâles. Les deBDEs exercent des effets différents selon les sexes, tout comme pour la maturation sexuelle. Les teneurs en progestérone (pg/ggonade) sont plus élevées chez les mâles après un mois d’exposition tandis qu’une chute significative est observée chez les femelles en novembre. Des effets importants sont observés sur l’estradiol des femelles, une hormone essentielle pour le développement des gamètes. Une relation positive est observée entre le délai de la maturation sexuelle et les faibles teneurs en oestrogènes (pg/g gonade). Par contre chez les mâles, aucune relation ne peut être faite entre les faibles teneurs en décembre et le délai observé en octobre. Les deBDEs augmentent de façon significative les niveaux de testostérone (pg/g de gonade) après 1 et 2 mois d’exposition chez les mâles et les femelles. Au mois de décembre, la testostérone est plus basse chez les femelles et les niveaux restent comparables aux témoins chez les mâles. Les indices de condition et les teneurs en protéines n’étant pas significativement différentes d’un groupe à l’autre, ceci nous indique qu’il n’y a pas de cytolyse associée au stress de mise en bassins ou suite à l’exposition aux DeBDEs. Ces résultats sont confirmés par ceux des mesures pondérales où nous n’avons pas observé de différences significatives entre les groupes. Par contre, une diminution légère des lipides en décembre et des variations fortes des hormones stéroïdes sexuelles laissent croire à une perturbation du métabolisme du cholestérol, car autant les niveaux de progestérone que les niveaux de testostérone et d’œstrogènes sont affectés par les DeBDEs. Ces résultats semblent confirmer la toxicité des DeBDEs comme perturbateurs endocriniens.

Contexte

manager icon Responsables :
Stéphane Pillet
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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