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Résumé du colloque
Les discours sur l’école en Afrique francophone subsaharienne se multiplient et se ressemblent : elle est envisagée tantôt comme une institution inefficiente (Banque Mondiale, 1988; UQAM et CECI, 1995), tantôt comme un lieu de déracinement social (Mbembe, 1983), un corps étranger (Mukéné 1988), un kyste social (Ki-Zerbo, 1990), voire une institution introduite par effraction (Hussein, 1997). Elle est structurée par ces discours où l’élève africain ne semble pouvoir se développer qu’au prix d’un malaise psychologique (Tourneux et Lyébi-Mandjek, 1994), en élaborant une identité ambivalente (Mubikangiey, 1986), entre deux formes de socialisation en rupture (l’une entreprise au sein de l’école, l’autre au sein de la communauté; Mbaïosso, 1990). Au-delà des approches structurelles, cette étude explore, par l’analyse phénoménologico-interprétative de données qualitatives (entrevues, dessins et textes), l’identité en construction de dix-huit élèves de la fin du primaire à Dakar (Sénégal). L’analyse permet de retraceles dimensions sociosymbolique (le sens qu’ont les expériences individuelles) et sociostructurelle (l’influence des ressources socialisatrices sur les destins individuels) de l’identité que les enfants élaborent en tant que groupe (analyse horizontale) et en tant qu’acteurs sociaux (analyse verticale). La diversité des discours des écoliers est envisagée comme un révélateur de dynamiques socioculturelles qui traversent la société dakaroise. Les récits des enfants témoignent également d’une construction identitaire individuelle articulant d’une part des possibles socioculturels et, d’autre part des enjeux personnels. L’examen du sens que les élèves construisent de leurs itinéraires scolaire et communautaire invite à élargir les lectures de l’école sénégalaise préoccupées d’abord par le rendement ou le clivage culturel. Dans cette optique, il s’agirait d’amorcer une analyse de la socialisation dans sa dynamique transcoloniale, d’effectuer un déplacement paradigmatique permettant de lire l’éducation et la société urbaines africaines non plus exclusivement sous le signe de l’extéro-centration et du manque, mais comme des lieux de réappropriation et de créativité socioculturelle (Ela, 1998; Biaya et Bibeau, 1998).
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