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Vers une économie plus ouverte au changement des entreprises et des consommateurs en Belgique

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Françoise Bartiaux

Résumé du colloque

Cette proposition de communication résume une partie des résultats obtenus durant une recherche pluridisciplinaire de 4 ans. Notre objectif ici est d’identifier et de comparer les motivations et les résistances au changement de pratiques opéré ou non par les entreprises et les consommateurs. Auparavant, nous situons notre recherche parmi les différentes approches socio-économiques de l’environnement. L’analyse des secteurs de la production et de la consommation a été menée suivant une méthodologie comparable, qui allie d’une part, la collecte à grande échelle et l’analyse statistique de nombreuses données quantitatives (481 entreprises et 7028 individus consommateurs), et, d’autre part, le recueil de données qualitatives et leur analyse par des méthodes appropriées. Les questions posées aux entreprises portent notamment sur le type d’action environnementale menée ou pas, tandis que les consommateurs ont été surtout interrogés sur leurs pratiques de tri des déchets ménagers et sur leurs critères d’achat (liés ou non à l’environnement). Changer de pratiques pour qu’elles soient plus conformes au critère de durabilité coûte cher, pour les entreprises comme pour les consommateurs : au sens propre pour les premières, par les investissements requis, au sens figuré pour les seconds, par le changement des habitudes et la charge mentale que cela implique. Pour accepter ce coût, la motivation première est pour les entreprises un gain financier attendu ou la mise en conformité à une nouvelle réglementation. Les consommateurs quant à eux voient rarement jusqu’à présent un avantage financier à changer leurs comportements dans un sens plus favorable à l’environnement, et le facteur de changement le plus important est la pression externe des autorités publiques. Quels sont les bénéfices de ces changements ? Les producteurs mentionnent la diminution de leurs coûts de production, liée par exemple à une utilisation plus économe des intrants, mais ils ne s’attendent pas à bénéficier de nouvelles opportunités de marché. Les consommateurs citent la satisfaction de faire quelque chose d’utile, sans plus de précision souvent. Cependant, l’analyse poussée de la mise en récit qu’ils font du changement de leurs pratiques a révélé de nombreux bénéfices secondaires inconscients liés à la construction identitaire des membres du groupe domestique, et à la construction identitaire de ce groupe lui-même. L’intérêt du public de continuer à participer aux programmes de tri des déchets domestiques apparaît donc le plus souvent bien éloigné des raisons écologiques qui ont été à l’origine de la mise en place de cette politique puisqu’il se situe plutôt du côté de préoccupations identitaires plus profondes. Ces bénéfices identitaires inconscients marquent pour les consommateurs un avantage dont on ne trouve pas d’équivalent pour les entreprises qui entreprennent des actions environnementales.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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