Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Résumé du colloque
La violence faite aux femmes est plurielle car elle revêt diverses formes. Il existe une catégorie de femmes qui peuvent vivre de la violence "familiale", dans une famille qui n'est pas la leur, et d'autres formes de violence (physique, psychologique et matérielle) : les aides familiales étrangères qui ont un statut de travailleuses temporaires et, de ce fait, sont placées dans une situation de précarité extrême qui les expose tout particulièrement à la violence "familiale" et interpersonnelle : la négation partielle de leurs droits, en tant que travailleuses et en tant que femmes à part entière (l'absence de vie privée et l'interdiction de venir avec leur famille). Obligées de résider chez leur employeur pendant deux à trois ans, pour pouvoir déposer une demande de résidence permanente, après avoir accumulé les 24 mois de travail légal requis, les aides familiales résidantes vivent beaucoup de violences. Ne laissant généralement pas de traces physiques, elle est ignorée par la société. Quand elle est dénoncée publiquement, elle choque les uns et est légitimée par les autres qui estiment qu'il y a un prix à payer pour immigrer et affirment qu'elle est "exceptionnelle". Selon ma dernière recherche (Bals, 1996), 98,2 % des participantes avaient connu au moins une forme de violence, qu'elle soit financière (absence de paiement ou paiement nettement inférieur aux Normes du travail, nombreuses heures de travail supplémentaires impayées), psychologique (harcèlement, dévalorisation pour légitimer l'abus financier, mépris et culpabilisation pour empêcher la travailleuse de démissionner, menaces de déportation pour mieux l'exploiter et l'empêcher de partir) ou, beaucoup plus rarement, physique (coups et blessures, sous-alimentation). Les autres recherches faites à travers le Canada (Bals, 1999) arrivent à des conclusions semblables : en moyenne 95 % ont vécu ou vivent une de ces formes de violence. Nous sommes loin de "l'exception". À cause de l'enjeu de la résidence permanente, d'une part, et des vides juridiques, d'autre part, les employeurs savent fort bien qu'ils peuvent se le permettre; c'est d'ailleurs pour cela qu'ils les veulent. Alors qu'il est à la mode d'évoquer dans les discours politiques les droits humains, il n'est pas à la mode de les appliquer tous. Ces femmes sont obligées d'accepter diverses formes de violence et d'y survivre de leur mieux en développant des syndromes d'accommodation (Summit, 1983) et le syndrome de Stockholm (Wardlaw, 1982). Elles doivent "choisir" entre le droit de travailler et d'obtenir éventuellement la résidence permanente, et le respect de leurs droits en tant qu'humains.
Vous devez être connecté pour ajouter un élément à vos favoris.
Veuillez vous connecter ou créer un compte pour continuer.
Outils de citation
Citer cet article :
MLA
APA
Chicago
Ajouter un dossier
Vous pouvez ajouter vos contenus préférés à des dossiers organisés. Une fois le dossier créé,
vous pouvez ajouter un article ou un contenu de la liste ou de la vue détaillée au dossier sélectionné dans la liste.