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Résumé du colloque
Le lecteur averti, qui lit Léon l’Africain d’Amin Malouf en référence à la Description de l’Afrique de Leo Africanus, est en droit de se demander comment s’est effectuée la translation de l’expérience commune (la relation de voyage) aux conventions du genre romanesque (ou à celles de l’autobiographie imaginaire). En effet, la relation de Léon doit composer avec différents genres (ou sous-genres) qui se côtoient dans le texte, ce qui nous amène à interroger l’œuvre pour savoir si le voisinage des formes ‘littéraires’ génère une cohabitation douce ou s’il fait apparaître une relation conflictuelle qui met à mal la crédibilité du narrateur et, par là même, la vraisemblance. Celle-ci se trouve donc au cœur d’une tension générique qui procède de ce que M. Glowinski appelle la mimèsis formelle (Poétique, 72, 1987). Il y a plus : la Description, désignée explicitement dans le texte par le narrateur-scripteur, constitue, avec d’autres types d’écriture («Mémoires apocryphes», «Livre de raison», «Biographie», «Annales», etc.), le palimpseste et le modèle de Léon l’Africain. C’est pourquoi Malouf, tout en essayant d’«imaginer le vrai», doit faire appel à certains procédés de composition, afin de se livrer à une réécriture dictée par les impératifs de la vraisemblance. Une vraisemblance qui, toutefois, tient compte du «livret culturel» du monde méditerranéen des XVe et XVIe siècles.
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