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Janine Altounian écrit que « La transmission ne peut, chez les héritiers de deuxième, troisième génération, que s’étayer sur une alliance exogamique avec des identifications à ceux qui, nantis du langage, vivent dans un monde—peut-être provisoirement—non menacé » (Altounian, 2005). Analysant quelques témoignages de parents immigrants dans le documentaire "Les enfants de la Loi 101" d'Anita Aloisio, je voudrais explorer ce type d'identifications dans le contexte interculturel québécois, et au-delà d’un projet politique social (Loi 101), je propose le terme de "l'école du métissage" pour interpréter les processus individuels vécus par ces parents.
Dans cette communication, je me propose d’étudier la mise en récit de la subjectivation comme un processus de différentiation générationnelle dans trois contextes différents de crime contre l’humanité. Celui-ci implique l’activation d’aspects primitifs puisque, dans cette position, l’homme « désocialisé » se rattache à une forme de loi des plus archaïques. Dans un tel contexte, comment les stratégies de survivance à caractère irrationnel (Janine Altounian 1990) se transmettent-elles aux générations suivantes? Quelle éthique se distingue dans le processus de l’inscription d’un tel héritage pour les descendants des survivants? Si la survivance exige la mise en suspens de l’humain, comme l’écrit …
À la fin de son article sur l’écriture et la fonction paternelle chez l’écrivain français Alfred de Vigny, le psychanalyste André Jarry pose la question à savoir si, dans le cas de cet écrivain poète, malgré la réalisation du passage au rang de père, certaines questions étaient restées intraitables dans le processus d’élaboration littéraire, et si le vécu qui restait à désintriquer avait dépassé les possibilités de la création littéraire. Ce vécu, associé à la mère, pourrait s’apparenter à la notion du « rien » dont parle Jacques André, dans ses analyses sur la famille matrifocale aux Antilles : « …
Mes propos dans cette communication rejoindront le thème de la transmission de l'expérience génocidaire à travers les générations. Je m'attarderai sur des rapports qui dépassent l'ordre filial de la transmission (dimension verticale, c'est-à-dire, entre les survivants et leurs descendants) pour explorer les liens horizontaux que doivent établir nécessairement les héritiers du génocide avec les autres membres de la société d'accueil. Au premier plan, à partir d’une structure familiale aliénée et fusionnelle, et souvent en retrait de la société, il s’agira pour l’héritier du trauma génocidaire de fonder à l’extérieur de la famille, soit à l’école ou dans l’institution québécoise, une …
Qu’est-ce qui a survécu au génocide? Et qu’est-ce qui a survécu aux déportations? Quelles sont les stratégies identitaires et mémorielles qu’envisagent les générations post-génocidaires et post-exiliques, ayant leur origine dans l’effacement catastrophique et dans la coupure généalogique? Ce sont quelques questions qu’aborde Egoyan « directement » dans Calendar (1993) et Ararat (2002) et indirectement dans ses premiers long-métrages, notamment Next of Kin (1983) et Family Viewing (1987). Les tentatives de réponses d’Egoyan constituent une thèse que nous pouvons extrapoler dès son premier long métrage Next of Kin et que le cinéaste maintient tout au long de sa carrière, jusqu’à son …