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Une recherche récente conduite par Grand'Maison (1992;1992b;1993) fait état du jugement porté par des adolescents et de jeunes adultes sur l'éducation. Un reproche revient comme leitmotiv: le manque de modèles éthiques. Aux yeux de ceux qui, depuis quelque trois décennies, se sont appliqués à délivrer la jeunesse de l'emprise des modèles, ces propos ont quelque chose de paradoxal. L'œuvre d'éducation éthique ne consiste-t-elle pas, pour une bonne part, dans la libération face à l'emprise des modèles? Ainsi, la question s'impose: se pourrait-il qu'un élément constituant de la personne éthique se révèle, par son absence, dans le manque et le besoin …
Les théories éthiques modernes adoptent, comme paradigme de la rationalité, celui de l'impartialité. Ainsi, les termes de recherche, de savoir et de raisonnement éthique visent la clarté, l'objectivité, voire l'universalité. Dans cette conception des choses, c'est le sujet ou, plus précisément le désir du sujet qui doit être neutralisé. Telle est la rationalité qui, à l'époque des Lumières, faisait œuvre critique. Sans nier la place et l'importance de l'impartialité dans l'administration des affaires publiques, il faut souligner les lacunes de ce modèle de rationalité la conduite de la vie personnelle. Il y a donc lieu de penser la rationalité éthique …