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Selon Durkheim les faits sociaux sont émergents, c'est-à-dire qu'ils appartiennent aux sociétés et non aux individus. Les représentations et valeurs de la conscience collective transcendent et conditionnent les individus : ils existent avant notre naissance et nous sont inculqués. Les objections : 1) comment le changement social est-il possible ? 2) La cohésion sociale exige l'intériorisation des valeurs et représentations par consensus, force ou endoctrinement, mais jamais par tous, sauf rares exceptions. 3) Elles ne sont jamais parfaitement identiques en tous (cf. l'indétermination des significations). 4) Elles sont inégalement partagées : certains vivent simplement en plus ou moins grande conformité …
Dans son livre "La place du désordre", Raymond Boudon propose le paradigme suivant de l'explication des changements sociaux. Un changement social M résulte de l'agrégation d'un ensemble m d'actions individuelles agrégées, dont les auteurs réagissent à une situation S qui leur est commune; et cette situation est affectée par des données macrosociales M'. En symboles, M = M{m[S(M')]}, en abrégé M = MmSM'. Par exemple, l'abolition de l'apartheid en Afrique du Sud découle d'actions individuelles et agrégées (discours, manifestations, votes, émeutes, grèves, etc.) posées par des citoyens sud-africains réagissant à la situation de leur pays (discrimination sociale, politique et économique …
Certains adeptes de la sociobiologie humaine, notamment E.O. Wilson et R. Dawkins, prétendent qu'un jour, on expliquera adéquatement et exclusivement le comportement humain en termes biologiques, quand une biologie plus avancée remplacera les disciplines qui étudient le comportement humain, y compris la morale. A l'inverse, certains détracteurs de la sociobiologie humaine traitent du comportement humain comme s'il était déterminé uniquement par l'environnement physique et social. Cette communication défendra les thèses suivantes: 1- le comportement social humain, de même que le contenu des représentations philosophiques, religieuses et scientifiques du monde, sont certainement influencés par des facteurs sociaux et psychologiques, ce qui …
Pour Aristote, le temps est le nombre ordonné (ou la mesure) du temps en termes d’avant et d’après. Il s’agit d’ordre entre les parts successives du mouvement. L’instant est une frontière mobile et sans épaisseur entre le passé et le futur. Cela présuppose un univers où deviennent et où cessent des corps de perception, de mémoire et d’imagination. Pensé indépendamment du mouvement concret, le temps est construction mentale, résulte potentiellement infinie de la condition successive des événements mouvants. Il en résulte qu’il n’ensuite le mouvement qui commande tous les autres, celui de la sphère des étoiles fixes. Ils se trouvent …
Nos recherches ont déjà démontré que le stockage de rétinoïdes par les mammifères et les oiseaux est affecté par les substances genre dioxine. Les effluents rejetés dans la rivière Saint-Maurice par une usine de pâtes et papiers contaminent le meunier noir avec les dioxines et les furanes. Afin de déterminer si le stockage peut être affecté chez les poissons, le meunier noir, Catostomus commersoni, a été capturé aux trois sites le long des deux rivières y compris des sites en amont et en aval de l'usine. Moins de rétinoïdes ont emmagasinés dans le foie des meuniers provenant de la rivière …
Les épistémologues et scientifiques contemporains renoncent à tenter de dire ce qu'est la matière. Selon Michel Serres, la question "est trop énorme": aucun livre scientifique ne comportait le mot matière dans son titre après le début du XXe siècle; et "la science interroge le monde avec un langage qui n'a fait qu'évacuer le mot matière". Selon Bernard d'Espagnat, la science moderne, en cherchant ce qui est permanent, a produit "une forme de dématérialisation de la matière" en la géométrisant. C'est ici que la notion aristotélicienne de matière devient utile, à la condition de la délester du réalisme trop lourd dont …
Aristote et Cournot ont tous les deux tenté de définir le hasard en tant que phénomène objectif, et non seulement en tant que résultat de notre ignorance des causes et des déterminismes. La définition d'Aristote repose sur la distinction entre cause par soi et cause par accident, mais l'application de cette définition à des cas concrets est souvent impossible parce qu'elle présuppose une connaissance sûre des essences, donc une connaissance exhaustive des choses. La définition de Cournot repose sur la notion de série causale indépendante. Mais il est toujours impossible de déterminer si, dans un passé relativement lointain, deux séries …
Quine se dit plus pragmatiste que Carnap, car il rejette: a) l'existence d'énoncés radicalement analytiques de par les significations de leurs termes; b) la théorie vérificationniste de la signification. Quand on examine attentivement les positions fondamentales du pragmatisme sur le rôle de l'expérience comme ancrage commun à partir duquel on peut bâtir une connaissance intersubjective, sur la signification des expressions et sur la synonymie, on ne peut que donner raison à Quine.
Les arguments avancés par Newton pour justifier l'espace et le temps absolus, ainsi que ceux de Clarke dans sa célèbre correspondance avec Leibnitz et ceux de Kant dans son traité sur la différenciation des régions de l'espace ne sont compréhensibles et valables que si on leur adjoint une thèse épistémologique qu'aucun des trois n'énonce explicitement : cette thèse soutient un réalisme de type platonicien.
Les tenants de la théorie matérialiste de la nature soutiennent, estime Whitehead, que notre perception sensible nous fait connaître un présent instantané, produit du passé et cause des événements futurs. Situé entre un passé qui n'existe plus et un futur qui n'existe pas encore, ce présent instantané serait le champ où se déroule le devenir de la nature. Rien n'est plus faux qu'une telle conception, affirme Whitehead. Personne n'a jamais perçu ce présent instantané, et d'ailleurs il n'est qu'une construction de l'esprit. Par nos sens, nous percevons des durées, c'est-à-dire des tranches plus ou moins étendues de la nature en …