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Le mot « crise » vient du verbe grec Krinein qui veut dire « juger », en lien surtout avec l’idée de faire le tri. Face à un évènement qui vient remettre en question la manière dont nous opérons habituellement, nous sommes, en effet, appelés à nous réorganiser, c’est-à-dire à redéfinir les organes ou instruments nous permettant d’y répondre et de continuer à agir collectivement. Il s’agira donc, selon cette acception étymologique, de répondre à la crise en discriminant, choisissant et décidant, tout ceci afin de s’organiser. Comme le rappellent Ivanov et al. (sous presse), adopter une approche communicationnelle de …
Cette proposition a pour objectif de présenter un dispositif de recherche élaboré en vue d’enquêter sur le « style », conçu comme modalité d’incorporation et de thématisation de l’expérience esthétique qu’ont les acteurs sociaux de leur environnement quotidien. Un pan de la recherche actuelle en esthétique définit celle-ci comme un type de rapport (perceptuel, cognitif, pratique) particulier au monde que les êtres humains entretiennent avec lui afin de réfléchir et de ménager, sur le mode de l’engagement et au quotidien, leur inscription dans ce monde. L’expérience esthétique, bien qu’intrinsèque à l’expérience humaine, n’a que peu été prise en compte jusqu’à …
Une littérature foisonnante s’est développée autour des critères permettant de définir ce qu’est une organisation ou encore ce que sont des phénomènes organisés (Ahrne et Brunsson, 2011, 2019; Cnossen et Bencherki, 2019; Dobusch et Schoeneborn, 2015; McPhee et Zaug, 2000; Wilhoit et Kisselburgh, 2015). Malgré l’intérêt de cette littérature, celle-ci demeure axée sur une approche finalement peu dynamique du phénomène organisé. Autrement dit, on nous présente des attributs, comme la présence de membres, de règles ou de porte parole, mais on ne nous explique pas comment une forme organisée émerge, se développe et éventuellement s’éteint, ce qui nous apparaît comme …
Une littérature foisonnante s’est développée autour des critères permettant de définir ce qu’est une organisation ou encore ce que sont des phénomènes organisés (Ahrne et Brunsson, 2011, 2019; Cnossen et Bencherki, 2019; Dobusch et Schoeneborn, 2015; McPhee et Zaug, 2000; Wilhoit et Kisselburgh, 2015). Malgré l’intérêt de cette littérature, celle-ci demeure axée sur une approche finalement peu dynamique du phénomène organisé. Autrement dit, on nous présente des attributs, comme la présence de membres, de règles ou de porte parole, mais on ne nous explique pas comment une forme organisée émerge, se développe et éventuellement s’éteint, ce qui nous apparaît comme …
François Cooren (Ph.D., Université de Montréal) est professeur de Communication à l’Université de Montréal. Ses travaux ont notamment été publiés dans Academy of Management Annals, Human Relations, Management Communication Quarterly, Organization, et Organization Studies. Ses intérêts de recherche se déclinent selon trois sous-champs de la communication : la communication organisationnelle, l’étude des interactions sociales et, plus généralement, les théories de la communication. Il a été président de l’Association internationale de la communication (2010-2011) et, aujourd’hui, membre actif de cette association.
Cette étude propose d’étendre la réflexion sur le dialogue stratégique en montrant que ce dernier ne se limite pas à intégrer ou altérer les structures organisationnelles existantes. La stratégie permet aussi de négocier les frontières mêmes de l’organisation, en distinguant ce qui est « matière à préoccupation » pour l’organisation de ce qui ne l’est pas. Ces préoccupations participent à l’élaboration de l’action organisationnelle, même si elles semblent concerner l’environnement de l’organisation. Ce faisant, le dialogue stratégique permet de combiner plusieurs préoccupations hétérogènes, provenant de plusieurs personnes et collectifs (organisations, gouvernements, quartier, etc.) pour constituer une nouvelle organisation. Cet article …
Comment fait-on parler des données qualitatives, qu’elles soient recueillies sous format vidéo, audio ou textuel, dans le cadre d’un travail analytique de type collaboratif? Dans cette communication, je présenterai certains éléments de notre méthodologie — les séances d’analyse de données — en mobilisant réflexivement l’approche analytique que nous défendons maintenant depuis près d’une dizaine d’années, soit la perspective dite « ventriloque » de la communication. Selon cette méthode d'analyse, communiquer consiste toujours à « faire parler » des figures à ontologie variable, que ces figures soient des faits, des principes, des textes, des personnes, des émotions ou encore des organisations …
Au risque d'opérer moi-même une réduction condamnable, je tâcherai de montrer que l'œuvre de Bruno Latour s'articule principalement autour d'une exigence-clé dont on est loin d'avoir fini de comprendre les conséquences autant ontologiques, épistémologiques, méthodologiques, analytiques que pratiques : celle de l'irréductionnisme. Dans son texte « Irréductions », Latour (1984/2001) énonce, en effet, son principe d'irréductibilité selon lequel « Aucune chose n'est par elle-même, réductible ou irréductible à aucune autre » (p. 243, je souligne). Le philosophe nous invite ainsi à résister, d'une manière systématique, à la tentation de vouloir dire, trop rapidement : « Ceci n'est que cela », …