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Dans le face-à-face où m'incombe une responsabilité irrécusable, le visage d'autrui échappe à la représentation; "il est la défection même de la phénoménalité", nous dit Levinas. Hors phénomène, hors expérience, non-représentable - "abstraction", est-il dit ailleurs -, le visage du prochain ne pourrait-il pas également être dit infigurable dans ce rapport où la proximité se fait approche, relation éthique? Infigurable: c'est-à-dire dans la mesure où toute représentation, toute thématisation du visage le défigure, le dévisage et défait l'approche. "Le mode selon lequel le visage indique sa propre absence sous ma responsabilité, écrit Levinas, exige une description ne se coulant que …
De son œuvre, Jacques Ferron gardait l'impression qu'elle avait été improvisée, parfois écrite avec une certaine urgence. C'est dire que cet écrivain a toujours entretenu un rapport complexe envers son œuvre publiée, comme si un certain malaise devait sans cesse contaminer le sentiment de prouesse que lui procurait l'écriture d'un livre. Ce rapport à l'œuvre n'est peut-être pas étranger à la relation particulière qui semble avoir lié l'auteur à ses éditeurs. Ferron s'est faite une petite réputation en publiant d'abord ses livres à compte d'auteur: personne, semble-t-il, ne l'aurait alors critiqué. Sa réputation établi, il semble que ses éditeurs, par …
La veille de sa mort, dans l'impossibilité de survivre, la mère de Jacques Ferron supplie son jeune fils «de ne pas se croire plus fin qu'un autre», «de faire comme tout le monde» et de changer son prénom de Jean-Jacques en celui de Jacques. Ces exigences singulières et ce nom amputé constituent, en quelque sorte, une partie de l'héritage ambigu de l'auteur. À la lumière de La créance, de l'«Appendice au Confitures de coings» et de certains textes autobiographiques publiés autour de 1975, époque à laquelle Ferron comptait écrire son double roman familial - celui du père, La plus haute …