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On prendra pour point de départ une "confidence" de Derrida dans "Passions", proposition sur le secret de la littérature (plus exactement sur la possibilité même de la littérature), d'ailleurs presque secrète elle-même, disséminée dès que dite en quelques notes elliptiques: "Une confidence pour finir. Peut-être ai-je seulement voulu confier ou confirmer mon goût (probablement inconditionnel) pour la littérature, plus précisément pour l'écriture littéraire. [...] La littérature, je m'en passe au fond, et en fait, assez facilement. [...] Mais si, sans aimer la littérature en général et pour elle-même, j'aime quelque chose "en elle" qui ne se réduise surtout pas à …
En contrepoint à la "Lettre au père" de Kafka — autoportrait en fils malheureux destiné à ne jamais lui parvenir —, les lettres du jeune Ferron apparaissent comme le témoignage du fils parfait, soumis à la "plus haute autorité" (selon l'expression retenue plus tard par l'écrivain pour désigner son père), cherchant à se conformer à son désir en faisant fructifier les signes de la réussite sociale (notamment, à travers le rêve de possession d'une maison et la naissance prochaine d'un enfant). Ces lettres sont concentrées autour des années 1945-1946, alors qu'après son séjour dans l'armée canadienne, Jacques Ferron s'installe, avec …
Nous nous proposons d'examiner ici les deux correspondances récemment publiées de Jacques Ferron, la première avec le psychanalyste Julien Bigras (Le Désarroi, VLB éditeur, 1988), la seconde avec John Grube (Une amitié bien particulière. Lettres de Jacques Ferron à John Grube, Boréal, 1990). Par les thèmes entrelacés, tant privés que collectifs ou politiques qui y sont abordés (famille, nation, folie), ces deux correspondances fournissent des matériaux bruts, un peu analogues à ceux qu'on peut trouver dans des séances psychanalytiques; elles jettent des éclairages intéressants sur la genèse de l'œuvre ferronienne. La relation épistolaire, par sa langue équivoque (Vincent Kaufmann), est …