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Depuis Lotman (1973), nul ne songe à remettre en doute la pertinence de l'opposition haut/bas en tant que dichotomie de base dans la représentation spatiale propre à tout texte artistique, qu'il soit strictement visuel, littéraire ou filmique. La pertinence d'une telle prémisse n'est plus à démontrer tant elle s'avère incontournable, notamment dans l'analyse des conflits qui opposent les classes et les sexes dans la fiction contemporaine. Mais est-elle toujours aussi prégnante, aussi fondamentale ? L'analyse de V for Vendetta (2006), film de James McTeigue, ainsi que celle du roman graphique d'Alan Moore et de David Lloyd qui l'a inspiré seront …
A priori, tous semblent s'entendre sur le fait que réalité et fiction ne sont pas des vases communicants. Pourtant, dès lors qu'on commet un texte littéraire, on ne peut faire autrement que réinventer le réel. De la même façon, que l'on pratique l'autofiction (concept problématique s'il en est) ou qu'on s'engage dans la narration verbale d'un simple fait divers, on ne peut parvenir à dire le réel sans le biaiser, l'enjoliver ou l'enlaidir. D'une certaine manière, mentir est le propre de l'humain, même quand il tente, de se tenir au plus près de la réalité. Le cadrage, les mots mentent. …
Les avancées de la géographie culturelle montrent à quel point l'humain crée et recrée le paysage. Dans une telle optique, on doit considérer l'apport du créateur comme étant déterminant dans la construction culturelle et identitaire d'un peuple. Mais dans quelle mesure l'acte créateur, plus particulièrement littéraire, peut-il y jouer un rôle ? La représentation littéraire de l'espace n'est-elle pas trop abstraite, trop limitée au langagier et trop éloignée de l'iconique ? Ou peut-être va-t-elle davantage chercher à nommer le pays ? À lui donner sens à travers des mots, qui seront ensuite repris tels des leitmotivs et qui, à la …
Le rapport au lieu, à l'espace, s'avère une composante essentielle, à des degrés divers, certes, dans tout processus de création littéraire. Or dans quelle mesure la mémoire vient-elle interférer dans la représentation de lieux référentiels ? Les lieux, tels que remémorés, et marqués subjectivement, ne vont-ils pas toujours se substituer au « réel » ? Les résultats provisoires du projet de recherche intitulé « La dynamique espace réel/espace textuel dans l'écriture nouvellière » serviront d'illustration à cette présentation.
On a souvent tendance à opposer réflexion théorique et créativité ; on s'empresse de dresser un mur infranchissable entre ces deux modes de pensée, entre ces deux activités visant à produire du sens. S'il s'avère erroné de prétendre que le savoir théorique précède nécessairement la création, on aurait tout aussi tort de dire que la créativité peut s'exercer en l'absence d'un savoir empirique préalable. Mais il faudrait sans doute s'interroger sur la pertinence de même que sur l'apport réel de la théorie des genres en situation d'atelier d'écriture. Si un exposé des canons littéraires permet de situer un certain nombre …
L'élaboration d'un projet de création littéraire pose nécessairement problème. Par exemple, comment élaborer une intrigue et la narrer convenablement ? Comment trouver le ton juste ? Comment arriver à développer un langage poétique qui soit propre à l'auteur(e) ? Or il semble que cette difficulté se voit décuplée lorsque ledit projet s'inscrit dans une démarche universitaire, et ce, en raison de l'arrimage exigé entre une langue personnelle (celle de l'expression) et une langue plus universelle (celle de la réflexion, de la science, de l'argumentation). Par-delà les objections voulant que les exigences imposées aux créateurs en milieu universitaire soient doubles (donc …
Considérer que La petite vie se présente comme un téléroman parodique relève de l'évidence. D'emblée, son titre fait référence à toutes ces séries américaines (Dallas, Dynasty, etc.) où la vie des gens riches et célèbres éclipse l'existence même de l'Américain moyen, au profit de la peinture de moeurs souvent exagérée, et parfois méchante, d'une élite financière corrompue. Mais au delà de ce premier constat, n'y aurait-il pas lieu de s'interroger sur les procédés parodiques qui confèrent à La petite vie le succès qu'on lui connaît ? Les personnages de ce téléroman ne seraient-ils pas issus de notre propre tradition téléromanesque …
Créativité et texte d'adaptation. Quelle est la part de créativité qui entre en jeu lors de l'adaptation d'un texte, que ce soit de la littérature vers le cinéma ou de la scène vers le petit écran, pour ne mentionner que ces deux possibilités? Il serait évidemment difficile de jauger dans quelle mesure la créativité d'un individu s'exerce lors d'un travail d'adaptation, quel qu'il soit. Tout dépend de l'œuvre adaptée, de l'adapteur ainsi que du projet qu'il se donne d'emblée: opte-t-il pour une adaptation fidèle, libre ou une adaptation dite "d'après". Et quelle est, à l'intérieur de ces balises générales, la …
L'adaptation de textes dramatiques pour la télévision ou le cinéma devrait entraîner le passage d'un univers en trois dimensions à une suite d'images et de sons. Or, le texte dramatique jouit d'une apparente immunité, de sorte que son contenu dialogique est rarement retravaillé en fonction des exigences de tout nouveau canal. N'y aurait-il pas place pour un travail d'adaptation qui tienne davantage compte des ressources du cinéma et de la télévision, ressources qui diffèrent de celles de la scène ? Nous croyons que oui et nous tenterons de proposer une méthode d'adaptation des textes dramatiques pour le cinéma et la …
Le filmique se fonde sur l'opposition entre temps raconté et temps du raconteur. Ses figures temporelles (anachronies ou répétitions) répondent à un code logique établi à même sa trame narrative. Or l'étape du montage permet de pratiquer des brèches dans ce code en incluant des plans qui, d'emblée, ne peuvent être reconnus comme rétrospectifs, prospectifs ou introspectifs. On assiste alors à l'émergence au cinéma d'un fantastique moderne : celui de l'atemporalité. Dans "Angel Heart" d'Alan Parker, plusieurs plans dépourvus d'une temporalité précise traversent le récit filmique. Leur statut de flash-back, de flash-forward ou d'image mentale traduisant l'aliénation du personnage principal, …