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Pour la technoscience, l'espèce humaine semble entachée d'une corporéité indigne de sa condition. Le corps est posé comme un autre, un membre surnuméraire et malencontreux. Reconstruire le corps humain ou le purifier est l'une des voies de la réparation (au sens moral et technique) qui semble animer la technoscience. La seconde voie pose l'anachronisme du corps et la volonté de s'en débarrasser. L'exposé tentera de pointer cette volonté de rectification (tests prénataux, médecine génétique, médecine de pointe, etc.) et cette autre volonté d'éliminer le corps (virtuel, informatique, robotique...). Il mettra en évidence la vision du monde inhérente à nos procédures …
Dans les cultures occidentales, le corps humain est fondé sur une clôture de la chair sur elle-même et sur l'humanité intrinsèque et unique de cette manière qui donne à l'homme son visage et sa forme. Le corps établit la frontière de l'identité personnelle. Brouiller cet ordre symbolique revient à effacer les limites identitaires du dehors et du dedans, du soi et de l'autre. Le prélèvement d'organes soulève donc des questions anthropologiques redoutables, tant pour les "donneurs" que pour les greffés. Dans le sillage de notre ouvrage "La Chair à vif : usages médicaux et mondains du corps humain" (Métaillé, 1993) …