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Le concept de certitude (certitudo) ne fait pas l’objet d’une définition spécifique dans l’Éthique, mais Spinoza lui attribue néanmoins une valeur extrêmement importante. Dans le Traité de la réforme de l’entendement, la certitude incluse dans toute idée vraie est même le fondement de la méthode décrite par Spinoza pour progresser sur le chemin de la connaissance et, au final, parvenir à la béatitude du sage. Dans ce texte, j’entends analyser le concept de certitude en lien avec la notion de salut dans les deux usages que Spinoza nous en propose : le salut philosophique, relié à la dimension rationnelle de …
En recommandant au sage de « ne penser à rien moins qu’à la mort » (EIVP67S), Spinoza reconnaît le caractère impossible et destructeur pour l’individu de concevoir sa propre mort parce qu’il est fondamentalement animé par la volonté de vivre. La mort propre représente donc à proprement parler un indicible et un impensable pour Spinoza. De même, la pensée de la mort des autres s’accompagne d’une très grande tristesse, susceptible d’entraîner de la « mélancolie ». Le but de cette communication est de penser cet affect de melancholia chez Spinoza, passion « directement mauvaise » (E IVP42) où règne la …
En 1979 paraissait un essai philosophique original de Marc Renault chez Bellarmin : Le singulier. Essai de monadologie. Dans cet ouvrage, l’auteur tentait de montrer que le rationalisme qui culmine dans un universalisme abstrait doit se métisser d’un souci pour le réel concret et l’existence individuelle. Faisant appel à des auteurs tels que Leibniz et Spinoza, mais aussi Platon, Descartes, Kant et surtout Blondel, Marc Renault proposait ainsi un essai de dimension à la fois métaphysique, éthique et épistémologique. Dans le cadre de cette communication, j’exposerai les idées de l’ouvrage et offrirai un contrepoint critique.
Un courant en plein développement au sein des études en psychologie et en sciences de l’esprit est celui de la « cognition incarnée ». Par exemple, on a démontré que goûter quelque chose d’amer augmente la sévérité du jugement moral, ou que les personnes qui pensent à l’avenir se penchent spontanément vers l’avant, tandis que penser au passé s’accompagne souvent d’un mouvement du corps vers l’arrière. De plus en plus s’impose l’idée qu’on ne peut étudier l’esprit sans le replacer dans un corps individuel et concret. Pour le dire de manière imagée, on n’est pas un cerveau dans un bocal, …
Pour le matérialiste mécaniste qu'était Hobbes, seuls les corps existent, et parler d'un esprit incorporel ou immatériel est un non-sens. Hobbes propose des analyses très provocatrices, mais argumentées avec de nombreuses citations tirées des Écritures, pour soutenir (notamment au chapitre XI des Elements of Law) que les esprits et les anges sont des corps, simplement faits de matière très subtile. Parmi les interprètes contemporains, dont la majorité pensent tout simplement qu'Hobbes était athée et ne croyait donc pas que Dieu soit corporel (ni, à plus forte raison, incorporel), Dominique Weber est l'un des seuls à prendre au sérieux la thèse …
L'une des querelles les plus importantes du Moyen Age, la querelle des universaux, exprimait un problème plus ancien encore, à savoir celui d'identifier ce qui pouvait rendre compte de la singularité de tout être, son « principe d'individuation ». Or, la réponse invoquée par Thomas d'Aquin notamment était que c'était la « matière désignée » qui individualisait l'essence universelle, c'est-à-dire la rendait concrète, unique et particulière. Descartes, en affirmant à l'inverse qu' « Il n'y a qu'une même matière en tout l'univers, et [que] nous la connaissons par cela seul qu'elle est étendue » (Principes de la philosophie, II, art. …