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Comment faire sens des mobilisations ethno-populistes en période de guerre civile? La présentation proposée ici s’intègre aux travaux théoriques sur la coopération en s’appuyant sur la sociologie historique (C. Tilly) et la philosophie des sciences sociales (J. Elster). Nous aimerions présenter une analyse prospective de la logique de l’antagonisme ethno-identitaire dans les conflits civils contemporains et montrer que la résilience des stratégies ethno-populistes, particulièrement en période de guerre civile, s’explique aisément au moyen de la raison instrumentale. Le populisme ethnocentrique est une stratégie particulièrement prisée par les élites qui rivalisent pour le contrôle d’États défaillants. Elle "fonctionne" parce qu’elle permet …
Dans ses derniers travaux, notamment dans Explaining Social Behavior: More Nuts and Bolts for the Social Sciences (Cambridge, 2007), Jon Elster s’est montré sceptique concernant la puissance explicative de la théorie du choix rationnel. Ce retournement a pu sembler étonnant dans la mesure où Elster a déjà consacré une multitude de travaux visant à élargir la portée des « mécanisme » explicatifs de la théorie du choix rationnel. Dans un souci d’éclairer ce retournement chez Elster, nous aimerions présenter quelques réflexions récentes de P. Pettit, de R. Tuck et de C. Tilly, qui ont proposé des discussions éclairantes sur les …
Les philosophes qui se sont penchés sur le phénomène de la guerre ont eu tendance à considérer que le populisme était belligène ou du moins compatible avec des postures bellicistes. En effet, les passions collectives comme la haine (de l’ennemi), l’envie (de conquérir), la honte (de la défaite) participent d’une justification émotionnelle de la guerre. La vengeance ou le désir de punir l’autre participeraient des facteurs décisifs qui ont historiquement permis à certaines élites gouvernementales de manipuler les foules afin de les conduire dans des guerres. Pourtant le populisme fut aussi au cœur de plusieurs mouvements anti-guerre, comme le mouvement …
Les humanistes civiques de la Renaissance défendaient, deux siècles avant la gentry anglaise et la noblesse provinciale française, un modèle constitutionnel (forma mixta civitatis) dont l’objectif était d’étouffer les conflits pour assurer l’harmonie civique, c’est-à-dire la modération chez les puissants et l’obéissance chez le peuple. Cette solution consiste à cultiver l’amour de la liberté et de la vertu chez les citoyens en leur faisant renoncer à leurs propres passions pour l'égalité sociale. Ce modèle stoïcien du regimen moralia obéit ainsi à la fiction légitimiste d’une distribution rationnelle, proportionnelle à la vertu et au savoir, des privilèges et de l’obéissance. Pour …
La théorie des droits individuels universels et du libre marché se présente depuis le 18e siècle comme l'essence de l'idée de progrès. Aujourd'hui, dans ce qu'il est convenu d'appeler le phénomène de la « mondialisation » - une globalisation des valeurs et des normes libérales de l'Occident par l'économie et les médias -, la prétention du libéralisme est de faire consensus universellement. Pourtant, entre les régimes monarchiques et les démocraties libérales, il y a eu les Révolutions américaine et française, mues par un puissant courant de pensée politique : le républicanisme. Que reste-t-il des principes républicains dans l'omniprésente théorie libérale …