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Dans les groupes Fickr, la photographie rassemble de nombreux individus autour d'images d'un même motif. Il y a donc là dualité d'une posture d'amateur : on partage, d'une part, ses affections et ses réflexions sur l'objet photographié et, d'autre part, des savoirs sur la technique photographique et des commentaires sur la réussite des prises de vue. De cette dualité procède la formation de communautés de goût qui sont agissantes, la photographie devenant tout à la fois témoignage d'un double attachement et exercice même de cet attachement. La « pragmatique de l'amateur » décrite par A. Hennion ne saurait trouver meilleure …
Dans l'Internet et ses réseaux sociaux, des manières inédites de s'approprier les lieux et les choses – paysages, architectures, objets en tous genres – apparaissent, résultant d'une abondante production d'images et de la facilité à les faire voir et circuler. C'est ainsi que la photographie, que l'on croyait vouée à une mort certaine avec l'arrivée de l'image numérique, devient au contraire l'objet par excellence de création de communautés autour d'enjeux esthétiques ou patrimoniaux : elle se pose véritablement comme cet art pour tous qu'Arago décrivait dès 1839. Des collectifs de plus en plus nombreux, par exemple des groupes Flickr, se …
Les grandes utopies spatiales et sociales qui eurent cours au XIXe siècle et pendant une bonne partie du XXe ont laissé place au mythe du bonheur collectif, qui se distingue par une constante volonté d’esthétisation de la vie dans son ensemble, et surtout de l’espace qui en est la scène ou le décor. De même, l’avènement de l’image numérique a permis à bien des auteurs d’annoncer la mort de la photographie, l’apparition d’une culture numérique signifiant l’entrée dans l’ère post-photographique. Pourtant, la mort de la photographie coïnciderait avec son explosion diffuse dans toute la culture : c’est que la vision …
Les personnes itinérantes ou sans abri font sans conteste partie de ces « acteurs par qui le dissensus arrive ». Se regroupant, ils investissent parfois des endroits publics qui, cessant dès lors d’être véritablement publics, deviennent d’une certaine façon des lieux de résistance : un groupe particulier s’y établit, y habite, de sorte que les autres acteurs sociaux hésitent à s’y hasarder. La place publique devient alors une sorte d’image, celle de l’insoumission mais aussi celle de l’appréhension et celle de ce qu’il faut éradiquer. À Montréal le Square Viger et la Place Émilie-Gamelin illustrent bien ce phénomène. Les artistes …
Les pratiques aménagistes et les discours qui les accompagnent réfèrent couramment à la mise en récit ou à la mise en scène des lieux et des sites. Il s’agit généralement de mise en représentation de l’espace public urbain, un procédé d’esthétisation qui devient, à la fin du vingtième siècle, un modèle partout appliqué. C’est ainsi qu’au motif de l’insertion des villes dans la « nouvelle économie culturelle » les formes artistiques sont recrutées par divers acteurs politiques et économiques, étant conçues comme essentielles dans un processus de « paysagement » ou de mise en tableau de l’espace public, qui n’est …