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On ne lit pas ''Démolir Nisard'' d’Éric Chevillard sans un certain trouble, sans l’impression que ce roman est, littéralement, insaisissable, qu’il se déploie dans un ailleurs générique. Cette altérité d’autant plus sensible qu’elle ne se laisse pas pointer du doigt finit par affecter la plupart des régimes lecturaux, apparemment inopérants devant ce texte. Ainsi en va-t-il de la catégorie générale de la vraisemblance : elle paraît presque désuète, sans prise sur un roman qui semble s’épanouir dans son plus parfait oubli. À moins qu’il ne faille prendre au sérieux l’entreprise narratoriale d’un livre et, derrière lui, d’un monde sans Nisard …
Notre objet est le dialogue dans le roman à énigme et le roman noir. Nous situons notre enquête sur le plan de l'implicite pragmatique-linguistique, et nous partons de deux postulats théoriques: premièrement, les schèmes illocutoires et présuppositionnels, consubstantiels à toute (prise de) parole, prennent sens et forme de par la pression générique: au dialogue dans tel genre romanesque, telle articulation de l'implicite pragmatique dialogal; deuxièmement, l'idéologique se loge dans l'implicite dialogal: les conditions de félicité d'un acte illocutoire, par exemple, dépendent d'une organisation idéologique sous-jacente à la prise de parole; si tel personnage donne un ordre et est obéi, c'est …