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En tant que crime d’éradication qui cherche à faire radicalement disparaître un groupe, un génocide repose sur l’effacement de toutes les traces de l’existence de l’Autre, non seulement par sa mort physique mais aussi sa mort civique. Et après quelques décennies, avec la disparition des derniers témoins et l’apparition de nouveaux conflits, mémoires et commémorations se confondent pour se figer dans des ''lieux vides de mémoire'', dirimants non seulement à toute appréhension du passé mais aussi à toute vigilance sur les événements présents. Comme si tout occupés à compter nos morts passés, à les héroïser, à leur construire des mausolées, …
Dans toute société, « un univers de failles, de défauts, d’insuffisances, d’inadéquations, d’inadaptations, de déviances voire de contre-figures », fait en quelque sorte frontière entre eux et nous. À eux, l’a-norme ; à nous, la norme. À eux, le désordre ; à nous, l’ordre. Et entre eux et nous, une frontière aux contours flous et mouvante, qui dessine le jeu des appartenances. Notre contribution explorera les effets d’occupation et d’aveuglement que cette frontière accomplit. Occupation parce qu’elle permet de centrer les regards et les débats sur eux, avec ses effets de contrôle et d’auto-contrôle. Aveuglement parce que cette centration sur …
« Derrière la clameur de la victime, se trouve une souffrance qui crie moins vengeance que récit» écrit Paul Ricœur. C’est dans ces lignes que j’inscrirai mon propos afin de mettre en perspective ce qui me paraît être au cœur du processus post-génocidaire : la tension entre reconnaissance et mépris. Et si l’on attribue à la procédure pénale internationale la tâche de la reconnaissance, c’est-à-dire celle de « faire entendre les voix des victimes et les pérenniser dans l’histoire », cela suppose encore que le récit puisse être dit et entendu. Or, à l’impossible mise en mots qui sonne comme …
La réflexion que je propose interpelle directement notre manière de penser et de faire la science et notamment la science sociale. Appel (à communication) pré-texte que je vais tenter de saisir pour parler de la dictature du chiffre, de l'entretien croisé, du focus group et de bien d'autres choses encore… "Tellement tentant, écrit Georges Perec, de vouloir distribuer le monde entier selon un code unique", mais tellement problématique. Tellement rassurant, ai-je envie d'ajouter, mais tellement stérile. Là où il faudrait parler de tâtonnements et d'étonnements, nous parlons de données statistiques, de catégories définies une fois pour toutes (ou presque)… Point …
La reconnaissance d’un génocide suppose la mise en pratique d’une responsabilité-pour-autrui (Lévinas). Dans cette communication, nous essaierons de montrer en quoi le négationnisme est d’abord et avant tout une négation de l’Autre. Je m’appuierai sur un travail théorique déjà initié sur l’inexistence sociale pour illustrer en quoi le négationnisme vise les principes universels des Droits de l’Homme. Le négationnisme n’est-il pas qu’une forme renouvelée de génocide ou que l’étape ultime du génocide ? Qu’il se veuille œuvre de dé-culpabilisation et de dé-responsabilisation, retournement de la preuve ou encore minimisation ou qu’il se veuille dénonciation d’un soi-disant complot, d’une manipulation, ou …