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Les langues des signes utilisent l’espace pour marquer les relations grammaticales entre les éléments du discours. La superposition spatiale est une possibilité structurelle, au même titre que la juxtaposition temporelle des éléments en français par exemple. Cependant, elle a des incidences sur l’organisation de la syntaxe. Quatre moyens (manuels et non manuels) sont attestés dans les langues des signes pour marquer l’association spatiale entre une anaphore et son antécédent, soit : 1) la localisation directe d’un élément sur un locus spatial; 2) l’utilisation d’un pointé vers la trace spatiale de l’antécédent; 3) la direction du regard vers la trace spatiale …
Malgré que les interprètes de langue des signes soient reconnus au même titre que leurs confrères de langues officielles (OTTIAQ, 2008), la multitude des compétences spécifiques attendues pour ces interprètes (Schick et al., 2005; Napier et al., 2006) soulève le problème d’une liste distincte de compétences basée sur la seule différence de modalité linguistique. Dans ce cadre, nous proposons une analyse critique des descriptions de tâche pour les interprètes visuels dans le but de : i) faire état du rôle de l’interprète, des composantes de sa tâche, ainsi que des compétences nécessaires pour lui permettre d’exercer adéquatement son métier dans …
L’interprétation visuelle représente l’acte de traduire simultanément une langue des signes et une langue orale. On y inclut aussi la translittération, aussi appelée interprétation orale. En dépit des besoins de plus en plus importants de services d’interprétation pour les personnes sourdes et malentendantes (CQDA, 2004) et malgré les impacts documentés de l’interprétation sur les apprentissages en milieu scolaire (Winston et al., 2004), il n’existe présentement au Québec aucune formation officiellement reconnue par les ministères qui gèrent les services d’interprétation (MSSS et MELS). Suite aux enquêtes recommandant la reconnaissance d’une formation (Clermont, 1988 ; Madore, 1998), nous présenterons dans cette communication …
Les langues signées utilisent la superposition spatiale pour marquer les relations référentielles entre les éléments linguistiques (Klima et Bellugi, 1969). Plusieurs marques permettent d’assigner ou de réutiliser un locus dans le discours (Wilbur, 1977 pour l’ASL; Engberg-Pedersen, 1993 pour la DSL; Zeshan, 2000 pour l’ISPL). On a montré qu’en LSQ, 4 marques (localisation directe d’un élément, production du signe POINTÉ, cible du regard et orientation du tronc) peuvent agir sur le nom, isolément ou ensemble, pour actualiser dans l’espace des référents définis ou indéfinis, spécifiques ou génériques (Parisot, 2003; Parisot et Rinfret, 2007). Une question demeure toutefois quant à la …
La cliticisation des pointés-pronoms finaux en langue signée est un sujet très peu abordé jusqu'à maintenant et ne fait pas l'unanimité dans la littérature. En LSQ, la possibilité de marquer l'accord en personne pour certains verbes à forme phonologique figée semble correspondre, entre autres, à l'utilisation de pronoms qui suivent le verbe. Un tel phénomène a aussi été relevé dans d'autres langues signées comme la langue des signes américaine (Wilbur, 1979; NKMBL, 2000), la langue des signes japonaise (Torigoe, 1994) et la langue des signes néerlandaise (Bos, 1990, 1995). Ces chercheurs ne s'entendent pas sur la nature et la fonction …
La plupart des classifications verbales proposées pour les langues signées sont établies en fonction des propriétés morphologiques des verbes qui déterminent le type d'accord morphologique permis (cf. entre autres, pour l'ASL : Padden, 1983; Janis, 1995; Petronio, 1995; Bahan, 1996; Neidle et al., 2000; pour la BSL : Deuchar, 1984; Sutton-Spence et Woll, 1999; pour la langue des signes danoise : Engberg-Pedersen, 1991 et 1986; pour la langue des signes italienne : Pizzuto, 1986; pour la langue des signes israëlienne : Meir, 1995; pour la langue des signes taiwanaise : Smith, 1989). Quoique les caractéristiques décrites dans ces travaux s'appliquent …
Les verbes neutres de la LSQ, qui sont ancrés sur le corps, posent un problème dans la réalisation de l'accord, puisque, contrairement à tous les autres types de verbes de la langue, ils n'utilisent pas, en apparence, la composante spatiale pour marquer l'accord. Quoique certaines recherches offrent des alternatives, l'accord des verbes neutres a principalement été expliqué par l'ordre canonique, responsable de la représentation des rôles syntaxiques (Kegl, 1990; Bahan, 1996; NKMBL, 2000, etc.). Le but de cette présentation est de montrer que les verbes neutres de la LSQ marquent morphologiquement l'accord en lieu et en personne en utilisant la …
Le but de cette présentation est de montrer comment se réalise, de façon linguistique, l'évaluation dans une narrative d'expérience personnelle en langue des signes québécoise (LSQ). À partir du détail des constituants narratifs de Labov (1972), nous déconstruirons une narrative d'expérience personnelle de la LSQ, produite par un signeur sourd natif dont la LSQ est la langue première, et extraite d'une conversation spontanée entre trois signeurs natifs. Pour montrer comment l'évaluation se distingue des autres constituants, nous isolerons, dans un premier temps, les différents constituants de la narrative : le résumé, l'orientation, le développement, la résolution et la coda. Dans …
La conversation spontanée, quoiqu'elle paraisse dénuée de toute organisation de prime abord, est hautement structurée (Wardhaugh, 1985) et se réalise comme un système avec des principes et des contraintes d'application. La recherche présentée tente d'explorer la conversation spontanée en langue des signes québécoise (LSQ), selon une perspective pragmatique de l'analyse du discours. Le but de cette présentation est de montrer comment se réalisent les alternances conversationnelles en LSQ, dans un système conversationnel organisé quoique spontané. Les différentes stratégies linguistiques qui signalent les prises, les maintiens et les cessions de tours LSQ, seront expliqués. Il sera montré que les signaux interactionnels …