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Cette présentation introduira une distinction méthodologique entre la phénoménologie du handicap et la phénoménologie crip. En m'inspirant des travaux de Kim Q. Hall (2021) et Joel Michael Reynolds (2017), je proposerai que la phénoménologie crip s'intéresse au handicap non pas comme un phénomène pathologique individuel et circonscrit, mais plutôt comme une réalité sociale vécue au sein de systèmes d'oppression capacitistes, racistes, colonialistes, et hétérosexistes. Pour analyser l'expérience vécue du handicap dans ses dimensions sociales et politiques, la phénoménologie crip conteste et désoriente certains des principes, méthodes et concepts de la phénoménologie classique.
Dans la Phénoménologie de la perception, Maurice Merleau-Ponty introduit le concept de niveau spatial pour décrire un type d’ancrage à la mesure duquel le sujet perceptif évalue normativement sa prise sur le monde et s’oriente pré-réflexivement dans l’espace. Ses analyses décrivent souvent la vie intentionnelle du sujet comme un dialogue réussi avec les sollicitations du monde perceptif. À l’inverse du sujet pathologique, le sujet ‘normal’ trouve habilement sa prise sur le monde et le constitue activement. L’analyse merleau-pontienne du concept d’orientation spatiale joue un rôle clef dans ces descriptions. Un corps optimalement orienté navigue habilement dans son milieu perceptif et …