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Dans son livre Les Éloges de l’injustice (2016), Céline Spector défend que la philosophie politique contemporaine a perdu ce qui a longtemps été une force de la philosophie : le souci et la capacité de donner une voix à son adversaire à travers la mise en scène du personnage de l’Insensé. Platon, Hobbes, Diderot, Rousseau, ces philosophes ont tous pris l’opposant le plus redoutable qui soit pour leurs propres positions : celui qui refuse la raison elle-même. Ils le représentaient dans toute la puissance qui lui revenait et la philosophie s’en trouvait fortifiée du même coup. À partir de textes …
Au tournant du 19e siècle, Germaine de Staël soutient qu’« on ôte à l’analyse sa profondeur, au roman son intérêt en les réunissant ensemble. » Il se développera à l’époque l’idée d’une séparation nécessaire entre philosophie et littérature qui pourrait bénéficier aux deux champs. L’esthétique de la littérature y trouverait une plus grande force et la philosophie plus de profondeur et de clarté. Or, au siècle d’avant, le mariage entre philosophie et belles lettres est fréquent et fécond. Vouloir en provoquer le divorce relève d’une mécompréhension des motifs résolument philosophiques sur lesquels repose l’usage de la fiction narrative. Notre communication …
Émile Faguet, grand critique littéraire du XIXe siècle français, écrivait au sujet de Denis Diderot que « plus qu’un autre, il représente quelque chose : l’individualisme du XVIIIe siècle s’appliquant enfin franchement et insolemment à tout, pour tout détruire, […] ne laissant debout que l’homme avec ses instincts, tenus pour bons ; dissolvant la communauté humaine, sous forme de pensée commune dans l’espace, sous forme de pensée traditionnelle dans le temps. » Plusieurs commentateurs associent d’ailleurs toujours l’individualisme aux penseurs du XVIIIe siècle. Notre communication cherchera à montrer comment la conception diderotienne du sujet est, au contraire, bien opposée à …
Dans De la littérature, Madame de Staël soutient la supériorité des Anciens dans le domaine de l'imagination et ce qui en découle (beaux arts, poésie). Les Modernes semblent en effet voués à « recommencer les Anciens », à se baser toujours sur leurs modèles, à réutiliser les mêmes images et le même genre de descriptions. C'est plutôt par leurs idées, et l'impact positif qu'elles ont sur les mœurs, que les Modernes surpasseraient les Anciens, l'espèce humaine étant indéfiniment perfectible sur le sol de la pensée, mais point sur celui de l'imagination. Madame de Staël écrira donc que la principale contribution …