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En linguistique, la notion de dialogisme, tout comme celle de polyphonie, révèle la non-unicité du sujet qui s’exprime. Autrement dit, ces notions démontrent la présence d’une multitude de voix dans tout énoncé, contractuel ou non. Ceci est vrai également pour les contrats d’adhésion, bien qu’il semble a priori n’y avoir qu’un seul locuteur. Ainsi, lorsque vient le moment d’interpréter le sens d’un contrat imposé par une partie, le postulat du sujet parlant unique en vertu duquel un énoncé n’exprimerait que les paroles de celui qui l’a produit se trouve renversé. Dès lors que l’on dépasse le simple producteur de l’énoncé …
Comment la compréhension qu'ont les juristes du contrat est-elle influencée par notre relation au profit? Et cette relation contribue-t-elle à une forme de poïèsis du contrat dont la teneur échappe aux juristes? Je fais le pari que cette double question peut permettre de sortir de l’ombre des considérations rarement abordées par les civilistes.En m'attardant aux liens, plus ou moins francs, assumés ou (in)conscients, qui se tissent entre le discours contractuel et notre (in)compréhension du profit (qu'il soit justifié par le risque, l'innovation ou l'exploitation), je propose de « révéler la grammaire innervant le [contrat] et le pouvoir qu'il exerce » …