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Le mot « crise » vient du verbe grec krinein qui signifie trancher, décider, juger. Or le jugement moral consiste justement à trancher entre des actions bonnes et des actions mauvaises, et ce, en fonction d'un critère moral. Mais comment nous représenter un critère moral universel de manière à le rendre applicable à des cas concrets ? Problème philosophique majeur qui prend une forme particulièrement grave chez Kant, car dans son système un gouffre sépare la norme de son domaine d'application : la loi morale renvoit à la liberté, alors que les actions appartiennent à la causalité naturelle. Par conséquent, …
Lorsque nous sommes confrontés à une analogie véritablement géniale — c'est-à-dire inattendue, audacieuse, mais d'autant plus apte — notre réaction caractéristique consiste à rire :un « Ha! » subit de reconnaissance et d'appréciation. Inversement, si l'on peut, comme le suggère Max Black, comparer une mauvaise analogie à une blague ratée, on constate en revanche que les pires analogies (comme celles rassemblées par le Washington Post, il y quelques années, à l'occasion d'un concours) manifestent souvent un caractère ridicule, de sorte qu'elles suscitent un esclaffement — d'une toute autre sorte, cette fois — chez toute personne qui les entend ou les …
Pour expliquer l'origine de la conscience, Douglas Hofstadter, professeur de sciences cognitives à l'Université d'Indiana et auteur de Gödel, Escher, Bach (1979) et I Am a Strange Loop (2007), propose une analogie entre la production de formules autoréférentielles à partir d'un substrat de symboles formels par le mathématicien Kurt Gödel, d'une part, et l'émergence d'une autoréférentialité, d'une conscience de soi, à partir du substrat de symboles matériels dans le cerveau, d'autre part. Que penser de cette analogie inédite ?
Comment juger si une action particulière est bonne ou mauvaise ? Dans le chapitre de la Critique de la raison pratique intitulé « De la typique du jugement pratique pur », Kant propose une épreuve (Probe) pour trancher la question. Elle consiste à prendre une loi de la nature comme « type » (modèle) de la loi morale : on se demande, pour chaque action concrète, si l'on peut vouloir que la maxime correspondante devienne une loi de la nature qui dicterait la conduite de tout un chacun. Pour ma part, je ferai ressortir le rôle indispensable de l'analogie dans …
L’Aufklärung n’est pas proprement la réserve exclusive d’une élite intellectuelle, mais s’adresse à tous les membres de la société dans la mesure où chaque individu se doit de cultiver sa propre raison afin de contribuer à la vocation morale de l’humanité toute entière – tel est le credo qu’adopte Kant dans Qu’est-ce que les Lumières?. Que cette conviction sous-tende également la philosophie critique, cela se voit dans la Préface de la 1e éd. de la Critique, où Kant va jusqu’à reconnaître à son lecteur un droit à la clarté. De plus, il reviendra dans la 2e éd. sur l’importance de …
La « conjonction coutumière » dégagée par Hume repose en fait sur une induction, sur une analogie repérée entre plusieurs cas semblables de liaison dans l’expérience. Certes, Kant retiendra le thème de l’analogie, mais il prendra le contrepied de Hume en faisant reposer la nécessité causale sur une analogie « transcendantale » et non plus simplement empirique. En d’autres mots, il convient de prendre au sérieux la rubrique sous laquelle Kant traite du problème de la causalité : le « Analogies de l’expérience ».