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Il est possible d’avancer, à partir du concept de déni qui accompagne tout génocide, un autre concept qui qualifierait la poursuite de ce déni dans le temps et la manière dont il est maintenu au présent activement, celui de mémoricide. Par ailleurs, si un génocide ne s’inscrit pas dans l’histoire mais rompt l’histoire en désagrégeant le tissu symbolique du lien communautaire et éclatant les repères de temps et d’espace, il installe l’atemporalité du crime dont le corollaire ne peut être alors que son imprescriptibilité. C’est pourquoi tant qu’un génocide fait l’objet d’un mémoricide, il ne peut rester qu’impuni donc imprescriptible. …
Lorsqu’il s’agit d’un génocide la victime est toujours d’abord une victime déniée, c’est pourquoi la question de sa reconnaissance comme victime est-elle inséparable de celle du génocide. Je m’attacherai à développer d’une part le deuil impossible qui lie les Héritiers des génocidés aux héritiers des bourreaux et fait des héritiers de bourreaux des victimes pour qui la reconnaissance du génocide passe nécessairement par la reconnaissance d’un deuil à accomplir pour eux. Et d’autre part aux bourreaux qui revendiquent le statut de victimes. Il sera intéressant de comprendre, au-delà de leurs protestations, de quoi ils s’estiment victimes mais aussi de quoi …
À partir de son livre ''Génocide, disparition, déni. La traversée des deuils'', l'auteure invite à une interrogation sur le traumatisme de la disparition comme ce qui constitue les rescapés et leurs héritiers en survivants à partir de textes qui baliseront cette question. Si un disparu est quelqu'un qui n'est ni mort ni vivant puisque de lui n’apparaît plus de signe ni de sa mort ni de sa vie, disparu cors et âme pourrait-on dire à son sujet-ce qui fut la hantise des soldats de la guerre 14-18, celle non de mourir mais d’être perdu hors de l’humain. Plus encore est …
Pourquoi, en un premier temps, ne peut-on que survivre à la disparition déniée d’un proche ? En quoi cette disparition et son déni nécessitent-ils réanimation et réhumanisation de ce disparu pour pouvoir se réapproprier une vie qui soit la sienne et pourquoi cela ne peut-il se faire que par un processus de création ? En effet, le disparu en ne pouvant être pensé ni comme vivant ni comme mort bouleverse toute la structure psychique de celui qui en hérite puisqu’il bloque en les faisant éclater les repères de filiation, de temporalité et de structure de celui-ci. Le Réel, le Symbolique …