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L’histoire de tout exilé commence par une rupture avec le lieu d’origine et l’anonymat auquel il est condamné dès qu’il s’établit ailleurs. Incapable de se détacher de la terre natale et incapable de se soumettre entièrement à la culture de l’autre, il occupe un chronotope de l’entre-deux, entre ici et ailleurs, entre avant et maintenant, entre le réel et l’imaginaire. Sans l’appartenance linguistique et culturelle fixe, l’exilé écrit le « brouillon » qui représente, selon Kristeva, le « passage de l’expérience au texte » qui est « ni origine ni accomplissement » (« L’autre langue ou traduire le sensible », …
Mikhail Bakhtine considère le texte comme un sujet autonome du dialogue. Nous tenterons d'établir les trois notions principales qui sont indissociables à son analyse textuelle : la nature du texte lui-même, la position et le rôle de l'interprète et l'interprétation en tant que compréhension/expression. Le texte est un objet achevé à double destination : celle du lecteur potentiel et celle du surdestinataire qui lient d'un seul coup une position axiologique unique avec un mot vivant et ouvert. D'où le rôle actif de l'interprète qui, grâce au principe d'exotopie, s'extériorise pour revenir ensuite à soi-même enrichi d'une vision originale de l'objet …