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Avant que le Québec ne s'engage plus avant dans la voie de la francisation systématique de sa toponymie (par traduction, transcription ou adaptation), il y a lieu de s'interroger sur le bien-fondé de certaines décisions déjà prises, de certains principes déjà appliqués qui, s'ils s'avèrent par la suite inopportuns, risquent de plonger la toponymie du Québec dans une anarchie encore plus grande que celle qui la caractérise déjà. La suggestion de certaines normes et l'apport de quelques exemples plaideront pour la constitution d'une toponymie à la fois riche, cohérente et respectueuse de l'histoire et de son évolution.
L'écriture des noms géographiques étrangers, particulièrement ceux des régions utilisant d'autres alphabets que le nôtre, constitue un problème auquel aucune solution satisfaisante n'a jamais été apportée. Le babélisme règne. Linguistes, géographes, cartographes et administrateurs sont en désaccord; des solutions "nationales" s'opposent. L'internationalisation de la géographie, comme du monde lui-même, exige qu'une solution universelle soit recherchée qui rencontre les impératifs d'une phonétique à la fois correcte, facile et applicable universellement, autant que les besoins de la classification moderne.
Parmi les faits 'culturels' que la géographie humaine étudie, les langues constituent un sujet négligé par les géographes, Par ailleurs, les linguistes qui ont étudié l'aspect chorologique de la dialectologie ont pris en charge et à leur compte le terme de 'géographie linguistique'. La présente communication vise à rapatrier ce terme dans le cadre d'une géographie des faits culturels. Cette précision terminologique est l'occasion de définir les optiques et les objets d'une véritable "géographie linguistique".
Jusqu'à maintenant, la toponymie a servi beaucoup mieux l'histoire que la géographie. Pourtant il est des domaines (géographie politique, géographie urbaine, biogéographie) qui auraient profit à utiliser les connaissances toponymiques. L'auteur fournit quelques exemples cartographiques pour illustrer ces possibilités. Après avoir rapidement fait le point des connaissances toponymiques en Europe et dans la province de Québec, il y aura lieu d'établir ce qui reste à faire ici et surtout de rechercher dans quelle mesure le développement de la toponymie peut déboucher sur des études essentiellement géographiques.