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Un génocide visant l'éradication totale d'un groupe d'êtres humains, les conséquences de ces déferlements de violence extrême sur les survivants ne peuvent être qu'extrêmement traumatiques. Comme le disent nombre de psychologues travaillant auprès de survivants et de descendants de génocides divers — le XXe siècle porte le triste fleuron d'avoir été le siècle des génocides —, le traumatisme peut, dans certains cas, avoir été moindre (cas de résilience); pourtant, le temps semble, face à l'ampleur du désastre vu, vécu et surtout subi dans sa chair et dans son âme, ne pas toujours être un bon allié et le trauma « …
Lorsqu'un génocide a eu lieu, il est aisé de déterminer qui en ont été les victimes. Tous les mécanismes de reconnaissance établis depuis la Seconde Guerre mondial le permettant. Or, le corps de la victime se construit bien avant qu'un génocide ne s'enclenche. De construction discursive dans la bouche de l'autre (celui s'apprêtant à commettre l'acte génocidaire), il finit par advenir dans la psyché de celui qui en sera la réelle incarnation et qui oscillera entre la culpabilité d'être et celle de ne pouvoir de défaire de cet être fort encombrant dans une société où son existence dérange au point …
Court métrage, prix Goya 2010 (Espagne): Les fleurs du Rwanda/Las flores de Ruanda (2008) de David Muñoz López: Au Rwanda, quinze ans après le génocide de 1994 qui causa 800 000 morts, David Muñoz tente de comprendre la situation du peuple rwandais. Il se demande si une cohabitation est encore possible entre les victimes et les bourreaux et quelle est l'importance de l'éducation dans une société post-génocide...
Les récits de témoignage ont ceci de particulier qu’ils sont surdéterminés par une forte empreinte éthique. Les témoins reconstruisent leur expérience traumatisante, leurs souvenirs et leurs cauchemars d’après le génocide en ayant constamment en tête une question à laquelle aucune réponse ne pourra jamais satisfaire : pourquoi? Ce ne sont donc pas des faits que recherchent les témoins, mais une compréhension de l’impasse dans laquelle l’humanité les a acculés et dont ils ne savent comment sortir. Le rapport au monde et donc à l’autre ayant totalement été détruit, se reconstruire signifie rebâtir cette relation à l’autre. Or c’est précisément dans …
Je propose une réflexion et une incursion dans les récits testimoniaux rédigés par des survivants du génocide des Batutsi, au Rwanda, en 1994. L’écriture vient se situer dans un espace transitionnel, transformationnel permettant un embrayage positif à la survie face à l’anéantissement de tout et de tous, anéantissement (mise en discours du passé le réactualisant et replongeant l’énonciateur dans le présent du passé) qui retient le sujet de l’énonciation dans un espace nihiliste, à cause même de l’objet du discours. En plaçant l’analyse dans un cadre opératoire s’inspirant de la phénoménologie et de la sémiotique (sémiotique des passions : J. …
Ces discours pré-génocidaires, dont les enjeux se disaient sociaux, politiques, économiques ou ontologiques se sont développés au fil des années (1959-1994) jusqu’à aboutir à la conceptualisation d’un état criminel où tout citoyen « respectable » se devait de collaborer au massacre de Tutsi. À travers le prisme de Jon Elster, nous tenterons de saisir les dynamiques discursives et pragmatiques qui mènent du crime à sa négation. Nous nous pencherons uniquement sur des ouvrages publiés pour voir en quoi ils constituent une négation du génocide. Nous aborderons les raisons invoquées, non la rationalité de l’argumentation, ces discours relevant plus que tout …