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Construire la mémoire d'un ami décédé implique de le rendre présent malgré son absence. Cette opération symbolique invite à questionner les supports de la parole et du corps à partir desquels une mémoire va pouvoir être construite. Forme paroxystique de l'absence, la mort crée un vide qui doit être comblé, d'autant plus lorsqu'elle concerne des jeunes entre 18 et 30 ans décédés brutalement (suicides, accidents, maladies). Cet article vise à mettre en lumière les pratiques des jeunes pour rendre présent l'être absent. Nous voulons ici expliquer comment ces pratiques contribuent à construire la mémoire de l'ami défunt.
L’articulation singulière des cercles de socialisation confère à chaque individu l’originalité de son identité. Suite au décès d’un jeune (entre 18 et 30 ans), cette dernière reste comme figée à travers ces multiples cercles d’appartenance, particulièrement prégnants à cet âge de la vie. Sans pouvoir les résumer à cet unique aspect, le rite funéraire, les socialisations funéraires provoquées par la perte, et le vécu intime du deuil revêtent néanmoins un enjeu identitaire important puisque c’est l’image de la personne défunte que l’on tente aussi de restituer. Ainsi, il existe aux côtés du rite officiel d’autres pratiques funéraires, propres aux différents …
L’expérience de la mort d’un ami implique un deuil particulier. Plus qu’une autre, elle revêt un caractère exceptionnel puisque souvent brutale (accidents, suicides). Même dans le cas d’une maladie, elle est inacceptable car elle touche un jeune. Dans le cadre de cette intervention, je me concentrai sur les réactions des membres du groupe d’amis face à la perte. La mort de l’alter ego met en jeu des pratiques narratives spécifiques pour mieux rendre présent l’absent. Différents supports tels que les chansons, Internet ou encore des photos appuient ces récits. Ces derniers s’accompagnent de pratiques corporelles. D’une part, le cadavre fait …