Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Filtrer les résultats
Il est bien connu que, au plan biologique, Aristote conçoit la femelle comme “un mâle mutilé” (Génération des animaux 637a27-28). Et les femmes ne sont pas les seules dans le cas: les principaux traits biologiques (et par suite moraux) des enfants et des vieillards sont aussi définis en fonction de l’homme mâture. Cette communication entend clarifier en quoi l’individu mâle arrivé à maturité constitue une norme de référence dans la biologie aristotélicienne et propose, à ce titre, une réflexion sur l’histoire de la notion de normativité en biologie humaine.
Bien que la diversité des sujets traités par Aristote rende périlleuse toutetentative de synthèse, on compte néanmoins quelques idées maîtresses qui orientent en profondeur la pensée du Stagirite. L'une d'entre elles est sans doute la nécessité d'une division entre différentes modalités de connaissance (sensation, expérience, savoir-faire, science, etc.). Dans cette présentation, en plus de préciser les raisons qui font de la philosophie une scienceau sens aristotélicien du terme, il s'agira surtout de montrer en quoi ce statut scientifique a paradoxalement des conséquences restreignantes sur le plan épistémique. C'est que certaines questions, quand elles sollicitent l'intuition morale ou ressortent à l'art …
Le De Generatione Animalium d'Aristote est réputé pour la précision de ses observations empiriques. La plus célèbre d'entre elles concerne l'embryogenèse d'un œuf de poule (III, 2, 753b17). Dans cette présentation, je souhaite mettre en lumière, d'une part les principales conclusions théoriquesqu'Aristote tire de l'observation des embryons (ordre de formation des organes, différenciation sexuelle, cardiocentrisme, etc.), d'autre part la critique de ces conclusions par deux scientifiques de l'âge classique: l'opposant P. Gassendi (Physicæ, 1658) et le sympathisant W. Harvey (Exercitationes de generatione animalium, 1737). Mon propos sera moins d'insister sur les continuités d'une tradition que sur les moments de rupture …
Le grec ancien n'a qu'un mot pour désigner croissance et augmentation : aûxesis. Cette lacune lexicale est, pour le lecteur d'Aristote, embêtante, puisque le Stagirite traite aussi bien de la croissance que de l'augmentation, sans toutefois les confondre. Aristote attache en effet une signification précise à ce qui constitue la croissance : celle-ci concerne uniquement les êtres animés, lesquels, quand ils croissent, font plus que gagner en volume, mais s'actualisent suivant leurs formes. Aussi, lorsqu'Aristote analyse d'autres changements semblables, c'est-à-dire des changements selon la catégorie de quantité, il spécifie que ceux-ci ne sont pas des croissances au sens strict. La …
Dans le second livre du De Anima, Aristote consacre plusieurs pages à décrire et à définir les différentes facultés sensorielles. Quand vient le moment de traiter du toucher, il laisse tomber une affirmation surprenante : « Ceux [des humains] dont la chair est dure, ne sont pas doués intellectuellement, tandis que ceux dont la chair est tendre le sont. » (DA, 421 a 24?26) Cette thèse a de quoi étonner, surtout quand on se souvient des premières pages de la Métaphysique, où Aristote défend que la vue est plaisante parce que source privilégiée de connaissances. Associer la vue et l'intellect …