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« La mort inachevée » : violence, spectralité et décomposition narrative comme stratégies d'écriture historiographique dans l'œuvre de Assia Djebar et Boubacar Boris Diop

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Mayssa Zouaghi

Résumé de la communication

Cette communication étudie les deux romans : Le Blanc de l’Algérie de Assia Djebar et Murambi : Le Livre des Ossements de Boubacar Boris Diop comme deux textes qui s’inscrivent dans la politique de réécrire l’histoire nationale violente à travers la biographie et les témoignages des victimes. Les textes utilisent l’esthétique de ce que Jacques Derrida appelle Le spectral : « Le spectral, ce sont ces autres, jamais présents comme tels, ni vivants ni morts, avec lesquels je m'entretiens » (Spectres de Marx 14-15) pour résister et nuancer les définitions ordinaires de la violence, de la mort, du passé, présent ainsi que de l’histoire individuelle et collective. La temporalité, les espaces ainsi que Les figures du spectral (caractères réels et fictifs) deviennent des sites ou les auteurs restituent les voix perdues et les récits non-officiels des victimes de guerre et du génocide, tout en montrant la continuité d’un violent et paradoxalement inachevable ‘passé’ dans le présent a travers la mémoire individuelle et collective. Ainsi, les auteurs utilisent la fragmentation narrative, l’intertextualité et la polyphonie pour ‘desenterrer’ et exposer la violence du nationalisme et les fractures sociales et idéologiques des mouvements dits libérationnistes et révolutionnaires. L’effet ultime de la ‘décomposition’ et fluidité du récit rappelle la nature de l’histoire nationale et de la mémoire qui persiste comme un palimpseste vivant plutôt qu’une archive établie par le pouvoir politique.

Contexte

section icon Date : 12 mai 2011
host icon Hôte : Université de Sherbrooke, Université Bishop’s

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