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Marie Leconte : Université Concordia
Le fait qu'une personne peut être constituée de plusieurs identités culturelles est intrigant. La plupart du temps, la façon dont ces identités s'expriment est bien codifiée. Au Québec, les échanges entre les communautés francophone et anglophone illustrent bien cette réalité. Mais il existe un espace entre ces deux cultures où elles cohabitent sans frontière, où leurs points de repère se côtoient de façon étonnante et innovatrice. Un exemple intéressant de cet univers hybride se trouve dans le roman de Heather O'Neill, Lullabies for Little Criminals (2006).
En capturant l'essence des deux cultures à l'aide d'un tissu de références culturelles mixtes, O'Neill a fusionné les identités anglophone et francophone de son personnage principal en une seule identité hybride. La voix par laquelle O'Neill fait passer l'assemblage de ces références est celle de Baby, le personnage principal, une petite fille de douze ans. Baby construit son identité devant nous à partir de points de repère culturels qui proviennent de plus d'une communauté et le résultat est probant -- Baby ne rentre pas dans un moule identitaire prédéterminé, elle n'est ni strictement anglophone, ni strictement francophone. Je propose ici de démontrer cette hybridité au moyen des références culturelles employées dans ce roman.
Organisé par le Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est (CRCE) et le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA), en partenariat avec Quebec Community Groups Network et l’Équipe de recherche interuniversitaire sur la littérature anglo-québécoise (ÉRILAQ), le colloque aborde les façons de lier la recherche sur les communautés d’expression anglaise du Québec à la politique et à l’intervention.
Nous explorerons divers aspects de ce thème, notamment :
Comment la recherche universitaire officielle, spécialisée dans des domaines comme la littérature ou la sociologie, pourrait‑elle contribuer à soutenir les communautés d’expression anglaise du Québec et à renforcer leur vitalité? Comment les groupes communautaires et les responsables des politiques (pouvoirs publics et organisations non gouvernementales) pourraient‑ils accéder à la recherche et l’interpréter de manière significative dans leur travail?
Comment pourrions‑nous, en tant que collectivité, élaborer des projets de recherche à la fois dynamiques et participatifs, et favoriser le transfert des connaissances tout en tenant compte des besoins des chercheurs et de ceux des membres de la communauté?
Quelles possibilités, voire quels défis, accompagneront la création de liens entre chercheurs, groupes communautaires et pouvoirs publics?
Quelle infrastructure de recherche (groupes de chercheurs, bibliographies, sites Web, colloques, etc.) est nécessaire pour améliorer l’efficacité des partenariats entre représentants des secteurs de la recherche, des pouvoirs publics et de la communauté?
Le colloque abordera ces questions lors de séances (et de tables rondes) organisées par discipline : éducation, histoire, diversité et immigration, économie, santé, littérature. Une table ronde portera également sur l’état de la recherche dans son ensemble.