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Le macchabée dans la machine : une inquiétante fusion!

ML

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Mathieu Lauzon-Dicso : Université de Montréal

Résumé de la communication

On compare souvent les figures de l'imaginaire entre elles afin de mieux les distinguer. Ainsi, lors du colloque, le zombie sera joyeusement autopsié, découpé en petits morceaux et dépecé – c'est bien ce qu'il mérite, après toutes les monstruosités que nous lui avons fait faire dans notre imaginaire collectif ! Des liens seront peut-être établis entre lui et certains de ses cousins du registre de l'horreur : vient en effet à l'esprit le vampire, dont la soif de sang rappelle la faim macabre du mort-vivant.

On songe toutefois moins souvent à se pencher sur les fusions des figures. En effet, qu'arrive-t-il lorsqu'un esprit tordu réunit les attributs du zombie à ceux d'une créature qui ne lui est pas parente à première vue, comme le cyborg ? Dans ma communication, je présenterai les conséquences de cette exploration hasardeuse qu'a entreprise l'auteure française Catherine Dufour. Dans un roman de science-fiction intitulé Le Goût de l'immortalité, elle met en scène une narratrice nouveau genre (tant narratif que sexué), une jeune « fille » centenaire à la mémoire trouble, pour qui la mort et les câbles qui la connectent aux interfaces du Réseau sont en relation intime de rétroaction. Il me semble que l'univers inconfortable dans lequel l'auteure campe son zombie-cyborg – il serait tentant d'écrire « zomborg » – offre un terrain fertile qui permet d'envisager le zombie, sous un angle complètement différent de celui préalablement établi dans la tradition du récit d'épouvante.

Résumé du colloque

Depuis le début des années 2000, le zombie contamine l’imaginaire occidental contemporain. À titre indicatif, notons que la Zombie Movie Database (penchant zombifique de l’IMDB) dénombre, entre 2002 et 2009, plus d’une centaine de films mettant en scène des zombies – une vingtaine de productions de ce genre sont d’ailleurs prévues pour 2012. De nombreux jeux vidéo confrontent les joueurs à des hordes de zombies affamés de chair humaine. Le zombie envahit aussi la littérature, la bande-dessinée, les séries télé et l’art visuel. Comment expliquer cet engouement du public pour le mort-vivant anthropophage ? Et comment s’expliquer des phénomènes sociaux parafictionnels comme les Zombie Walks, ces manifestations pacifiques (à teneur politique ou simplement ludique) où des participants, notamment en marge du mouvement Occupons Wall Street, se déguisent et marchent comme des zombies ? Dans ce colloque – qui se veut un lieu de rencontre pour des penseurs issus de différents champs de recherche, de la littérature au cinéma, en passant par les jeux vidéo et l’art visuel – nous voulons autopsier le zombie. Il s’agira d’emblée de l’envisager comme une figure de cet Autre qui nous assaille, qui menace de nous contaminer de sa différence, pour ensuite s’intéresser à ses manifestations marginales. Que se produit-il, en effet, lorsque le zombie, d’antagoniste, devient protagoniste ? Si l’homme, en situation de survie, peut devenir monstre, le zombie, lui, peut-il (re)devenir humain ? Figure polysémique et investie idéologiquement, le zombie permet aux créateurs de représenter les citoyens marginalisés et de tenir un discours renouvelé sur la justice et l’équité sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
news icon Thème du colloque :
Autopsie du zombie
section icon Date : 10 mai 2012

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Titre du colloque :

Autopsie du zombie

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Thème du colloque :

Autopsie du zombie