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Produire des strips et des planches pour apprendre à lire la BD : quelques dispositifs et leurs effets, dans des classes de cycle 3

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Nicolas Rouvière : Université Grenoble Alpes

Résumé de la communication

Qu'il existe une compétence narrative qui ne soit pas linguistique mais bel et bien iconique, comme se sont évertués à le démontrer sur un plan théorique Harry Morgan (2003) et Thierry Groensteen (1999 et 2006), relève du constat d'évidence le plus empirique, dans les classes. En tant que « littérature dessinée » (Morgan, 2003), la BD offre ainsi l'opportunité de renouveler de façon significative la didactique de l'écrit. L'écriture d'un synopsis met certes en jeu les compétences traditionnelles que l'on retrouve à l'oeuvre dans les pratiques scolaires. En revanche dès lors qu'il s'agit de passer à l'étape du scénario, on assiste à un clivage inattendu entre les élèves. La phase de découpage et de mise en page peut ainsi s'avérer extrêmement laborieuse, pour des élèves qui, par ailleurs, ont écrit un texte narratif très élaboré. À l'inverse, des élèves plus en difficulté dans des productions écrites traditionnelles, peuvent se découvrir un véritable talent narratif, par leur capacité à pré-visualiser, « penser en images » et mettre en scène sur le papier ce qu'ils veulent raconter. Nous proposons ici d'analyser différents dispositifs de production de récits icono-textuels, développés dans des classes de cycle 3 de l'école élémentaire. Ces dispositifs de narration icono-textuelles permettent de débloquer et de révéler des compétences narratives que l'on ne soupçonnait pas et de raccrocher certains élèves aux pratiques plus traditionnelles de l'écriture narrative.

Résumé du colloque

L'expansion prodigieuse de la communication médiatique contemporaine, qui mobilise en simultanée plusieurs modes, langages et médias à partir de supports variés, a donné naissance à une véritable culture multimodale qui bouleverse la pédagogie « classique » (Buckingham, 2003; Gray et al., 2010). Donnat (1998) parle d’hybridation de la culture cultivée, c’est-à-dire de sa mutation au contact de la « culture des écrans ». Ainsi, les médias de masse, a fortiori ceux dits numériques, sont devenus une source incontournable par laquelle les jeunes se renseignent sur leur univers, développent des attitudes, des représentations et des croyances, et se forgent une identité (Chung 2007). Un bon lecteur contemporain doit ainsi posséder les clés de plusieurs modes sémiotiques s’exprimant sur des supports toujours plus originaux, interactifs, diversifiés et, conséquemment, complexes (Stafford, 2011). Dans ce contexte, l’éducation des jeunes à la lecture et la production de textes littéraires sur des supports variés semble s’imposer dans une perspective manifeste de reconfiguration des pratiques d’enseignement de la littérature. Déjà, en France, l'étude conjointe du roman et du film est recommandée au collège afin de comparer les modes d'expression respectifs de ces deux formes artistiques. La Belgique prévoit aussi dans ses programmes la comparaison de romans à leur adaptation en bande dessinée ou au cinéma, de manière à découvrir les spécificités de chaque système narratif. Au Québec, dans le programme de français du secondaire, le film est abordé, à l’instar de la bande dessinée, comme une œuvre complémentaire au texte littéraire qui permet de se constituer des repères culturels.

L’un des principaux enjeux de ce colloque vise à définir et à consolider, dans une perspective didactique, les spécificités et les objectifs de la rencontre désormais inévitable entre la littérature et les pratiques culturelles des élèves autour d’œuvres multimodales.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

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